Formation et emplois

Baccalauréat en génie civil: bâtir son propre projet de vie

Réhabiliter des routes ou des ponts, ou mener des projets environnementaux, énergétiques… Le métier d’ingénieur civil a de beaux jours devant lui, car au cours des cinq prochaines années, ce sont près de 40 G$ qui vont être injectés dans la construction et la rénovation d’infrastructures par le gouvernement québécois.

L’École Polytechnique de Montréal propose un baccalauréat en génie civil dont les statistiques de placement à la fin des études flirtent avec les 100 %. «Il y a quelques années, je recevais encore des appels de gens paniqués, se souvient Louise Millette, directrice du Département des génies civil, géologique et des mines, car il n’y avait pas assez d’étudiants pour pourvoir les places proposées.»

Un secteur qui recrute
L’ingénierie civile a en effet grand besoin de main d’Å“uvre. «C’est un domaine qui va bien quand l’économie va bien, et qui va continuer d’aller bien quand ça va mal», ajoute-t-elle. Dans le domaine des transports, le ministère offre même une bourse aux étudiants afin de les inciter à prendre le chemin du baccalauréat.

«Le tronc commun du génie civil se répartit autour d’un noyau dur de 108 crédits obligatoires, auxquels s’ajoutent 12 crédits qui permettent aux élèves d’acquérir une coloration qui leur est plus chère, explique Louise Millette. Dès la deuxième année, les élèves ont un stage obligatoire, puis un rapport à rédiger.» La sélection s’effectue sur dossier. Seule nécessité : «Avoir une solide formation en sciences et un diplôme de cégep ou l’équivalent.»

Un métier«pour faire la différence»
La devise des futurs ingénieurs civils? «La rigueur et l’audace», comme en témoi­gne David Bastien, un jeune diplômé de Polytechnique sorti en 2004 avec une maîtrise spécialisée en structures et récompensé du Grand Prix de la relève décerné par l’Association des Ingénieurs-Conseils du Qué­bec en 2007. «En tant qu’ingénieur civil, nous sommes responsables de la sécurité du public, remarque-t-il. Il faut donc être rigoureux, aimer aller au bout des choses. Lorsqu’il se pose des problèmes complexes, la capacité d’innover est primordiale.»

Un métier idéal pour exercer des responsabilités, mê­me si, à la porte de Poly­technique, les femmes ne représentent que 22 % du nombre total des étudiants. «Le métier d’ingénieur civil est pourtant aussi destiné aux femmes qui veulent faire la différence en se souciant du sort de la planète», fait valoir Mme Millette.

Elle en profite pour ba­layer les préjugés : «Tout le monde a sa perception de l’ingénieur, mais tant qu’on n’en a pas mesuré les variables, on ne peut pas savoir à quel point ce métier est ouvert à tous les types de carrières. Les ingénieurs civils travaillent aujourd’hui beaucoup avec leur ordinateur mais aussi avec leur intuition. Leur tâche est clairement d’amener les projets à prendre forme.»

Une nouvelle maîtrise à la rentrée
En plus du baccalauréat, l’École Polytech­nique propose désormais une maîtrise en génie civil destinée «à tous les ingénieurs civils déjà en poste qui souhaitent se perfectionner, et à tous ceux qui veulent s’accorder une chance de décrocher un poste d’envergure», détaille Louise Mil­lette.

Car les travaux techniques majeurs et les grandes réalisations demandent tout de même une personne titulaire d’une maîtrise pour diriger une équipe. Avec 3 modules de 15 crédits, la formation couvre toutes les étapes des projets de génie civil, de la conception à la planification, puis à la réalisation des travaux.

Les cours sont offerts à temps partiel (un vendredi et un samedi deux fois par mois) ainsi que durant la session d’été. L’École a ainsi voulu s’adapter à l’emploi du temps des personnes emplo­yées et favoriser une diplomation en deux ans et demi.

Le cursus est ouvert à tous les candidats possédant un bac en ingénierie ou l’équivalent, avec une expérience professionnelle d’environ trois ans. Il peut accueillir jusqu’à 24 personnes. La rentrée est prévue le 1er septembre.

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