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Des télévoteurs dans les classes: un nouvel outil d'enseignement

L’heure de gloire des élèves modèles, toujours prêts à intervenir en classe, tire-t-elle à sa fin? Avec l’arrivée du télévoteur, une télécommande permettant de répondre instantanément aux questions du professeur, les timides et les distraits ne pourront plus se dérober.

Le télévoteur a fait son entrée dans les universités et les collèges québécois il y a un peu plus de cinq ans. Muni d’un émetteur semblable à ceux des télécommandes des téléviseurs, il transmet les réponses des étudiants à l’ordinateur de l’enseignant.

Ce dernier peut ensuite vérifier en moins de quelques secondes si la matière a été bien comprise. «Si ce qu’il a enseigné n’est pas bien compris, il pourra réagir beaucoup plus rapidement et clarifier le tout», explique Marleigh Greaney, qui est conseillère pédagogique au Collège Vanier et qui forme les professeurs à l’utilisation des télévoteurs.

Dynamique différente
L’utilisation de ce nouvel appareil modifie sensiblement la dynamique d’une classe, constate Michèle Doucet, professeure à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Mont­réal. «Mes collègues ont beau être devant un auditoire de 200 personnes, ce sont toujours les mêmes qui lèvent la main, reconnaît-elle. Avec le télévoteur, tout le monde est mis à contribution.»

Les étudiants y trouvent également leur compte. «Ils s’amusent davantage et trouvent que le temps passe plus vite, soutient Michèle Doucet. Ça leur apporte une source de défi. Certains m’ont confié que ça les aidait à rester concentrés.»

Le professeur doit toutefois se préparer en conséquence. Il peut rédiger des questions à choix multiples pour vérifier si les étudiants ont bien suivi. Il peut présenter une mise en situation et demander l’opinion des étudiants pour ensuite discuter des résultats obtenus. Il peut même donner un examen en recourant aux télévoteurs puisque les étudiants peuvent être associés à une télécommande en particulier. Certains enseignants accordent des points d’assiduité pour encourager la participation en classe.

Pour l’instant, l’utilisation du télévoteur est encore expérimentale. Cet appareil n’est utilisé que dans une minorité de cours. «Au Collège Vanier, les professeurs sont de plus en plus intéressés par cette technologie, mais il y en a aussi qui n’en voient pas l’intérêt, avoue Marleigh Grea­ney. Générale­ment, le télévoteur est davantage utilisé en mathématiques, en gestion et en biologie. Récemment, des professeurs de psychologie et de sociologie en ont fait l’essai.»

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