Formation et emplois

La gestion des talents contre la pénurie de main-d'Å“uvre

Concept méconnu des gestionnaires il y a quelques années à peine, la gestion des talents est aujourd’hui une de leurs grandes préoccupations. Et pour cause : avec le départ à la retraite des bébés-boumeurs, les employeurs anticipent une importante pénurie de main-d’Å“uvre. «La gestion des talents, c’est la capacité d’attirer, de garder et, surtout, de déployer les bons employés, c’est-à-dire ceux qui ont du potentiel», explique Alain Gosselin, professeur titulaire et directeur associé à la formation des cadres et des dirigeants à HEC Montréal.

Plusieurs entreprises ne cherchent donc plus à améliorer les points faibles de leurs employés, comme c’était auparavant le cas. Elles ont en effet compris qu’elles devaient plutôt mettre l’accent sur les forces de chacun. «C’est une question de stratégie. Lorsqu’un joueur de hockey est un bon défenseur, on ne l’envoie pas à l’attaque! Si on le faisait, on aurait non seulement un mauvais rendement, mais aussi un joueur malheureux», illustre M. Gosselin.

Tak Kusano, vice-président, Alliances et marketing, chez Nakisa, abonde dans le même sens. Sa compagnie, basée à Montréal, a mis au point un logiciel qui permet aux entreprises d’établir le profil détaillé de tous leurs em­ployés. «Lorsqu’un poste s’ouvre, les gestionnaires se basent sur ces données pour identifier les meilleurs candidats à l’interne pour le combler», dit-il. Selon lui, il est important de trouver le rôle qui convient à chacun.

La perfection n’existe pas
Toutefois, même les meilleurs gestionnaires ne peuvent uniquement s’entourer de gens talentueux, croit Alain Gosselin. «Les employés qui ont beaucoup de potentiel sont très en demande. Ils sont conscients de leur valeur et ils ont des attentes élevées par rapport à leur employeur, affirme-t-il. Une entreprise qui n’emploierait que de telles personnes serait donc ingérable.»

Pour le meilleur… et pour le pire
Selon Tak Kusano, la gestion du talent n’est pas seulement un outil permettant aux entreprises de développer le potentiel de leurs employés en temps de croissance économique. «Lors de la récente crise économique, plusieurs com­pagnies ont inversé le processus. Afin de procéder à certaines coupures, elles ont utilisé les données de leur logiciel de gestion du talent pour savoir quels étaient les secteurs et les employés les moins productifs», explique-t-il.

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