Oui, il y a une vie après l'université!
Nos années d’études universitaires sont-elles nos plus belles années? C’est en tout cas ce que pensent certains finissants, pour qui le deuil d’une vie riche en activités peut parfois être difficile à faire. «La transition est plus facile lorsque les étudiants ont déjà un lien avec le milieu du travail», explique André Raymond, directeur adjoint des services professionnels à l’Université Laval.
Comme toute transition, le passage à la vie active nécessite une adaptation pouvant entraîner un sentiment d’inconfort. «Certains élèves doivent s’adapter à des quarts de travail de nuit ou de fin de semaine qui peuvent être difficiles», ajoute M. Raymond. Pour que la transition se passe bien, il faut se souvenir qu’une carrière débute dès le jour où l’on entre à l’université. «Le passage à la vie active doit être vue non pas comme une cassure, mais comme une suite logique», croit Philippe Razanakolona, conseiller aux étudiants à l’École Polytechnique.
Mieux vaut donc se poser les bonnes questions dès le départ : «Certains étudiants ne s’informent pas assez des réalités du métier qu’ils ont choisi. Ils doivent se demander quelle vie ils veulent mener et à quoi ils veulent consacrer leur temps», résume le conseiller. Et pour ceux qui se sont impliqués dans les activités étudiantes, pourquoi ne pas continuer dans cette voie? Après avoir été un membre actif de diverses associations étudiantes, Sylvain Giguère, ancien étudiant en génie mécanique, fait désormais partie de l’association des diplômés de Polytechnique. Grâce à elle, il retrouve ses amis tous les mois autour d’un 6 à 8.
«Nos activités ont tendance à changer et à devenir plus informelles, mais rencontrer mes amis reste toujours quelque chose d’important pour moi», explique-t-il. S’il conseille vivement aux étudiants de nouer des contacts avant d’obtenir leur diplôme, cela ne doit pas leur faire oublier l’importance de développer par la suite un réseau professionnel. «Il est plutôt facile de se faire des amis dans le milieu universitaire, car on partage souvent des intérêts similaires, alors que le milieu de travail est plus diversifié», estime Philippe Razanakolona.
On imagine aussi que les jeunes diplômés ont tendance à sortir moins qu’avant… ce qui n’est pas toujours le cas. «En plus de posséder plus d’argent pour sortir, on peut décrocher de son travail le soir ou le week-end, alors qu’en tant qu’étudiant, on a souvent peur de ne pas en faire assez», explique M. Razanakolona.
Pour certains, l’entrée dans la vie active rime même avec davantage de flexibilité: «En me mettant à mon compte, j’ai choisi de pouvoir aménager mes horaires: je suis donc plus libre qu’à l’université», explique Marc-Alexandre LaRoche, un jeune diplômé travaillant dans le domaine des produits chimiques. Selon lui, il n’y a aucune raison de «s’encroûter» à la sortie de l’université: «Je suis de ceux qui croient que si vous trouvez que votre vie ne bouge pas assez, c’est à vous d’y mettre de l’action en lançant des projets».
Pour bien se préparer
- Considérer que sa carrière débute dès le premier jour à l’université.
- Bien s’informer des réalités du métier visé et clarifier ce qu’on est prêt à faire. «On peut travailler 90 heures par semaine et gagner beaucoup d’argent ou avoir des horaires plus flexibles et gagner un peu moins», résume Marc-Alexandre LaRoche.
- S’impliquer dans les associations étudiantes, puis dans les ssociations de diplômés.
- Maintenir le contact avec ses amis de l’université, quitte à organiser soi-même les rencontres en y consacrant quelques soirs par semaine ou par mois.
- Développer un réseau professionnel en participant aux événements de son secteur d’activité (rencontres, congrès, 5 à 7…) ou en se trouvant un mentor.
- Éviter de remettre les choses au lendemain et de «laisser tomber ses intérêts et ses rêves», met en garde Philippe Razanakolona.
Avant de quitter l’université
Vous obtiendrez bientôt votre diplôme? Histoire de faciliter votre transition vers le marché de l’emploi, voici trois choses à faire avant de quitter les bancs d’école.
1 Allez faire un tour au service de placement
«Nos ressources sont nettement sous-utilisées par les étudiants en cours de formation», déplore Benoît Desgroseillers. Pourtant, en plus de vous aider à peaufiner votre CV et d’offrir des ateliers sur des thèmes liés à l’emploi, le service de placement de votre institution pourrait vous aider à décrocher un stage ou un boulot étudiant. C’est pratique pour acquérir un minimum d’expérience.
2 Impliquez-vous!
Que vous militiez au sein d’un mouvement étudiant ou que vous soyez bénévole pour une cause qui vous tient à cÅ“ur, ces activités sont de bonnes occasions de multiplier les rencontres. Or, on ne le répétera jamais assez, un réseau de contacts solide et étendu est l’une des clés pour réussir votre transition études-travail.
3 Clarifiez vos objectifs professionnels
Le fait d’avoir une idée précise de ce qu’on compte faire après ses études permet de tirer le maximum de sa formation, selon Benoît Desgroseillers. «On peut faire une analogie avec un voyage. Pour savoir quels vêtements on doit mettre dans sa valise, il faut connaître la destination», illustre-t-il.