Soutenez

Vivre autrement

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Éric Ménégazzi.

Éric Ménégazzi est d’origine belge. Dans une autre vie, ce comptable de formation habitait Nivelles, une petite ville bourgeoise de la Belgique wallonne.

À la fin des années 1990, Éric Ménégazzi est directeur des finances de la succursale bruxelloise de Da­trontech, une compagnie an­glaise spécialisée dans la distribution de mémoire informatique. Quelques années plus tard, le changement de vocation de l’entreprise bouleverse son univers professionnel et le convainc d’ouvrir son propre bureau comptable.

«Je me suis découvert une vocation insoupçonnée pour le développement d’affaires. J’aimais rencontrer des entrepreneurs et faire du réseautage. J’offrais à des clients potentiels, principalement des PME, mes services pour les aider à gérer la croissance, la restructuration ou le développement de leur entreprise. Ce travail m’a permis de réaliser de beaux mandats.»

Mais quelque chose manquait. Quelque chose que ni lui ni sa femme Zakia, originaire du Maroc, ne semblaient trouver en Belgique. «On voulait vivre autre chose. Cette idée de migration est devenue un projet familial. Nous avons beaucoup réfléchi avant de nous arrêter sur une destination.»

Parmi les options, il y avait la France, le Maroc et le Québec, qu’ils avaient visité lors de vacances. «Nous avions beaucoup aimé le Québec pour son atmosphère et les relations harmonieuses entre les gens. Nous avions été charmés. Puis, cette destination répondait à tous nos critères. Elle nous offrait les meilleures chances d’intégration tant professionnelle que culturelle. Et pour l’avenir de nos enfants, elle semblait être le meilleur choix.» 

À l’été 2003, Éric et Zakia ont vendu leurs avoirs en Belgique et ont quitté pour le Québec avec leurs enfants Samy, neuf ans, et Nadia, sept ans. La petite famille s’est installée à Ville Saint-Laurent. Zakia s’est rapidement trouvée du travail dans son domaine, la vente au détail. Pendant ce temps, Éric organisait la nouvelle vie des enfants et leur nouveau chez soi.

Son premier emploi en sol canadien, il l’a obtenu chez Desjardins. «J’étais surqualifié pour l’emploi, mais le poste comprenait une formation de trois mois qui m’intéressait beaucoup.» 

Éric est resté six ans au service de cet employeur. Six années au cours desquelles il a gravi quelques échelons et terminé un baccalauréat en finances à l’UQAM. En 2009, alors que des restructurations s’annonçaient à Desjardins, il a décidé de retourner tester le marché du travail. C’est alors qu’il a rencontré les gens de la Banque de Dé­ve­loppement du Canada (BDC) et qu’il est devenu directeur principal du financement commercial.

«Avec ce travail, je suis revenu à mes premières amours, c’est-à-dire rencontrer les entrepreneurs et leurs offrir des services-conseils. Je gère le portefeuille de 80 clients et je les aide dans le développement de leur entreprise. Comme je suis moi-même passé par là, je crois avoir une crédibilité appréciée des clients.»

Avec le recul, Éric et Zakia sont heureux de leur choix. Après tout, ils ont gagné leur pari en trouvant un bonheur qui leur ressemble à Montréal. «On ne retournerait pas en Belgique. Ce qu’on a présentement, c’est tout ce qu’on souhaitait avant de partir.»

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.