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Milieu de la construction: des milliers de travailleurs recherchés

Difficile de se tromper lorsqu’on choisit d’apprendre un métier de la construction. Les perspectives d’emploi s’annoncent très bonnes, et même excellentes. «Il n’y a pas un métier de la construction pour lequel il n’y aura pas d’embauche au cours des prochaines années», soutient l’économiste de l’Association de la construction du Québec, Luc Bourgoin.

Jusqu’en 2013, 7 500 nouveaux apprentis seront nécessaires en moyenne chaque année pour combler les besoins de main-d’œuvre dans la région de Montréal, évalue la Commission de la construction du Québec (CCQ). Le roulement du personnel est d’une part très important (départ à la retraite, création d’entreprise et changement d’industrie), mais d’autre part, les nombreux projets de construction annoncés requerront beaucoup de travailleurs.

Les investissements pu­blics expliquent en grande partie le nombre de nouveaux chantiers à Montréal. L’érection du nouveau Centre universitaire de santé McGill sur le campus Glen et la construction du centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal (CHUM) dans le centre-ville montréalais accaparent déjà de nombreux travailleurs de la construction.

Et plusieurs autres grands projets sont prévus, notamment la construction du nouveau CHUM (1,5 G$), la modernisation du CHU Sainte-Justine (1 G$) et la construction ou l’agrandissement d’écoles (300 M$ au Québec). Et c’est sans compter les projets d’infrastructures, tels que le parachèvement de l’autoroute 30, la construction du nouvel échangeur Turcot et, ultimement, le remplacement du pont Champlain.

Dans le secteur commercial, un gratte-ciel de 35 éta­ges sera érigé au coût de 100 M$ près du square Victoria. La corporation immobilière Kevric veut que les travaux commencent au printemps 2012. Cadillac Fairview construira de son côté des tours à condos et un édifice à bureaux sur l’îlot du Centre Bell. Ce projet de 400 M$ pourrait commencer à devenir réalité d’ici la fin de l’année. La construction résidentielle devrait quant à elle connaître un repli au cours des prochaines années, mais elle demeurera vigoureuse, selon les prévisions de la CCQ.

Pour réaliser tous ces projets, la main-d’œuvre est ardemment recherchée. L’École des métiers de la construction de Montréal  (EMCM) accepte chaque année 1 200 élèves dans 16 programmes de formation. Elle reçoit en revanche 7 000 demandes d’admission. Les futurs élè­ves attendent en moyenne de un an à un an et demi avant de pouvoir accéder aux bancs de l’école.

«Les métiers de la cons­truction sont recherchés parce que ce sont des métiers manuels, que le travail se fait pour la plupart du temps à l’extérieur et que le salaire est certainement un incitatif», a expliqué l’enseignant de charpenterie et en menuiserie à l’EMCM, Guy Dupuis.

Les diplômés des centres de formation professionnelle ne combleront pas tous les besoins de main-d’œuvre. En cas de pénurie grave, les entreprises ont la possibilité d’embaucher des travailleurs sans diplôme qui s’engagent à suivre les formations nécessaires.

Pour promouvoir les métiers de la construction, l’EMCM est présente dans les salons d’emploi. Elle visite les écoles secondaires, et même les pénitenciers, pour trouver de la main-d’œuvre. La CCQ contribue également à l’effort de recrutement en faisant connaître les métiers de la construction qui sont moins connus. «Quand les jeunes pensent à la construction, c’est qu’ils veulent devenir électricien, plombier, charpentier ou briqueteur, a expliqué le porte-parole de la CCQ, André Martin. Mis à part ces métiers, ils ne savent pas trop ce qu’il y a comme emploi dans la construction. Ils ne connaissent pas des métiers comme calorifugeur ou poseur de système intérieur.»

La CCQ veut aussi envoyer le message que la main-d’œuvre est recherchée dans le milieu de la construction. «Il y a des industries comme le bois, l’ingénierie et les mines qui n’allaient pas bien, a mentionné M. Martin. Elles ont arrêté de faire de la promotion. Ça leur a pris cinq ans pour intéresser à nouveau les jeunes. Alors, il faut maintenir la pression. Le Québec aura besoin d’environ 14 000 travailleurs par année au cours des prochaines années.»

Sur l’internet

La CCQ est sur le point de mettre en ligne un site internet qui
permettra aux entreprises de trouver plus facilement des jeunes
diplômés. Ces derniers pourront indiquer quel métier ils ont étudié, de
même que leurs disponibilités et les endroits où ils sont prêts à
travailler. «Ce site empêchera les diplômés qui n’ont pas de garantie
d’emploi en sortant de l’école de quitter le milieu», a expliqué le
porte-parole de la CCQ, André Martin.

Les métiers de la construction pour lesquels il manque de diplômés :

  1. Carreleur
  2. Couvreur
  3. Installateur de système de sécurité
  4. Peintre
  5. Plâtrier
  6. Ferblantier
  7. Monteur-mécanicien (vitrier)

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