Le DEC n'est pas menacé
«Nous reconnaissons que le DEC est excellent, seulement, il n’est plus suffisant par rapport aux évolutions de la profession d’infirmière», clarifie d’entrée de jeu Hélène Racine, directrice des soins infirmiers à l’Institut Douglas et membre du groupe qui a présenté la proposition à l’OIIQ. L’idée n’est pas d’abandonner le DEC, mais plutôt de former les infirmières de la relève en les préparant mieux à la réalité de leur métier futur.
Avec les nouvelles technologies, l’augmentation des maladies chroniques, le vieillissement de la population ou encore le développement de la médecine ambulatoire, la profession a beaucoup changé ces dernières années. Pourtant, la formation n’a pas évolué au chapitre des horaires depuis 40 ans, souligne la présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers. «En seulement trois ans, le DEC ne permet plus aux futures infirmières d’apprendre la totalité des compétences qui sont nécessaires pour combler les besoins du public et des employeurs.»
Ainsi, le cursus ne comprend ni de stage en soins critiques (réanimation, soins psychiatriques, cardiologie…) ni en santé communautaire (médecine ambulatoire), ce qui force bien souvent les employeurs à former en interne leurs infirmières titulaires du DEC. À l’Institut Douglas, Hélène Racine est contrainte, en raison de la pénurie, d’embaucher des infirmières issues du DEC et de leur consacrer la majorité de son budget de formation. Elle les couple avec une infirmière senior pendant trois ans afin qu’elles apprennent les pratiques spécifiques du travail avec des malades mentaux.
Pourtant, du côté de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), les craintes quant à cette proposition sont nombreuses. «Nous appréhendons une aggravation de la pénurie en raison d’un manque d’étudiants intéressés à aller jusqu’au bac», explique Micheline Thibodeau, vice-présidente de la FNEEQ.
À cela, l’OIIQ répond que ça n’a pas été le cas dans les autres provinces, avec notamment une augmentation des inscriptions en Ontario à la suite d’une mesure similaire. «Pour moi, il s’agit quasiment d’une remise en question du réseau collégial, qui n’existe d’ailleurs pas dans les autres provinces», s’indigne Mme Thibodeau.
Hélène Racine et Gyslaine Desrosiers sont pourtant catégoriques : le DEC n’est pas menacé. «Nous incitons les étudiants à choisir le DEC-bac et aimerions que tous poursuivent jusqu’au bac», résume la présidente de l’OIIQ.
Enfin, pour éviter un problème de pénurie pendant la transition et aider les étudiants qui auraient des difficultés financières, l’idée d’un statut d’interne autorisant un temps partiel rémunéré après le cégep, sur le modèle de la résidence des étudiants en médecine, est envisagée.
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Formation infirmière auxiliaire
- DEP en santé, assistance et soins infirmiers (2 ans)
- Infirmière technicienne : DEC en Techniques infirmières (3 ans)
- Infirmière bachelière ou clinicienne (deux programmes possibles) :
- Passerelle DEC-bac : DEC en Techniques infirmières (3 ans), puis
bac en Sciences infirmières (2 ans)
- Bac en Sciences infirmières : DEC en Sciences de la nature (2
ans), puis bac en Sciences infirmières (3 ans)