La jungle des titres
CA, CGA, CMA, CFA : quatre titres associés au monde des affaires qu’on voit régulièrement, qu’on connaît vaguement sans être capables de bien les différencier. En attendant la fusion possible de trois de ces titres (une consultation a lieu parmi les membres CA, CGA et CMA jusqu’au 15 septembre), essayons de comprendre leurs rôles.
- CA
«Le titre qui demande la formation la plus complète et qui a les exigences les plus élevées», souligne Daniel McMahon, président de l’Ordre des CA du Québec. S’il y a encore beaucoup de CA dans les cabinets comptables qui font les tâches traditionnelles des comptables (vérification des états financiers, élaboration de plans d’affaires, etc.), ils sont de plus en plus nombreux à y occuper des postes stratégiques de gestion.
Ce sont «55 % d’entre eux» qui font ce type de travail, estime Daniel McMahon. «La formation exigeante qu’a suivi le CA en fait un conseiller de choix pour une entreprise», affirme Marc-André Paquette, CA et directeur financier de Hays conseillers d’affaires.
- CGA
Les CGA sont aussi des experts comptables. On les retrouve dans l’industrie (près de 50 %), dans les cabinets (20 %) et dans les secteurs public et parapublic (30 %). Comme les CA, ils sont formés pour occuper des postes stratégiques de gestion dans les entreprises. D’ailleurs, les différences avec les CA tendent à s’atténuer, puisque depuis décembre 2009, les CGA peuvent faire la vérification des états financiers des entreprises.
«Nous pouvions le faire pour certaines organisations, comme les coopératives ou les commissions scolaires, mais pas pour les entreprises privées», explique Stephan Robitaille, président du conseil d’administration de l’Ordre des CGA. Si les différences entre les deux ordres sont de plus en plus minces, les CGA se distinguent, insiste M. Robitaille, «par le programme des 130 compétences qu’ils doivent absolument maîtriser pour obtenir le titre».
- CMA
Le CMA, malgré ses compétences comptables, assume surtout un rôle de gestionnaire d’entreprise. Il transforme l’information comptable en une information stratégique, concrète et significative, en un outil essentiel pour prendre les bonnes décisions. Bref, le CMA utilise les données comptables du passé pour que l’entreprise se projette mieux dans l’avenir.
«Je dis souvent que nous ne travaillons pas avec le passé de l’entreprise – comme le font les comptables qui dressent les états financiers des années précédentes – mais plutôt en fonction de son avenir», lance le président-directeur général de l’Ordre des CMA du Québec, François Renaud. «Les CMA sont formés pour assumer un leadership stratégique. Ils ont une vision globale qui dépasse les données comptables, ils voient et analysent au-delà des chiffres, ça leur permet de bien conseiller les entrepreneurs», explique-t-il.
- CFA
Le CFA est une des plus prestigieuses désignations professionnelles pour tous ceux qui travaillent en investissement, en placement et en finance. Il n’est pas obligatoire, mais il est très demandé. «C’est un gage de compétence et d’éthique», souligne Frédérick Lessard, membre du conseil d’administration de CFA Québec.
On retrouve des CFA dans plusieurs entreprises, dans les firmes de gestion de portefeuilles, dans les fondations, dans les bureaux d’actuaires, dans les caisses de retraite, dans les banques d’investissement, etc. Bien que le titre soit encore peu connu, on note dans les demandes d’accréditation une progression constante, et ce, partout dans le monde.
Au Canada, par exemple, on dénombrait en 2010 15 787 candidats, comparativement aux 10 161 de 2006. «C’est peut-être parce qu’il y a plus de gens qui ont besoin de conseils en investissement et qu’il y a plus d’universités qui offrent des cours de finance», suppose Janick Boudreau, présidente de
l’association CFA Montréal.