L’aide aux étudiants en demande
L’arrivée en masse d’étudiants à besoins spéciaux et d’étudiants étrangers dans les universités du Québec a profondément modifié les services à la vie étudiante.
Les responsables des universités qui ont vu affluer en plus grand nombre les étudiants à leurs bureaux n’ont eu d’autre choix que de multiplier leurs services.
Marie-France Gagnier est directrice, depuis sept ans, de tous les services aux étudiants à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), qu’il s’agisse des services d’aide financière, d’aide à l’emploi, d’aide au logement, des services de santé, d’orientation ou d’aide aux études. Elle explique qu’en vertu de la Charte des droits et libertés canadienne, qui affirme le principe de l’accessibilité aux études pour tous, les universités, tout comme les écoles et les cégeps, ont la responsabilité d’aider les étudiants à réussir leurs études, même les personnes qui souffrent de dyslexie par exemple.
«Ces gens-là arrivent des cégeps, et je peux vous dire que c’est de la grosse organisation, avoue-t-elle. On est passé, en deux ans, de 35 à 160 étudiants à besoins spéciaux.»
Avec sous son aile 25 employés pour servir 13 000 étudiants, Marie-France Gagnier affirme sans hésiter que son équipe ne fournit pas à la demande.
Jean-Louis Richer, le grand responsable des services aux étudiants à l’Université de Montréal, dirige 200 employés à temps plein et à temps partiel pour une population étudiante de 45 000 personnes. Il indique que les services plus traditionnels sont de plus en plus recherchés, comme la consultation auprès d’un psychologue, par exemple. En 2010-2011, le service de psychologues a enregistré près de 10 000 consultations à l’Université de Montréal, dit-il.
«Le service le plus utilisé par l’ensemble des étudiants, c’est celui qui porte sur les ressources économiques», précise-t-il.
Sa collègue de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Manon Vaillancourt dirige, de son côté, 56 employés pour une population de 41 000 étudiants et affirme elle aussi en avoir plein les bras. Elle indique par exemple que l’établissement a récemment embauché des orthopédagogues dans ses services à la vie étudiante.
«On est obligé d’offrir des services, notamment aux étudiants à besoins spéciaux, parce que ce sont les étudiants qui les veulent, pas nécessairement parce qu’on a eu du financement du ministère. C’est une problématique dont on discute régulièrement avec le ministère parce que ce type d’étudiants se retrouvent partout.»
Manon Vaillancourt ajoute qu’aux étudiants internationaux et à ceux qui ont des besoins spéciaux s’ajoute une catégorie d’étudiants parents qui ont souvent à jongler avec des finances très serrées et une gestion du temps très difficile. Les services aux étudiants qui ont trait aux finances, à l’aide à l’emploi et aux psychologues sont ainsi très recherchés.
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Témoignage. S’expatrier pour étudier
Les étudiants internationaux sont de plus en plus présents dans les universités québécoises et mobilisent une grande part des services aux étudiants. En retour, les universités ailleurs dans le monde accueillent elles aussi un grand nombre d’étudiants québécois, comme Mireille Legault, qui prendra la direction de l’Oregon, aux États-Unis, en janvier. La jeune femme, qui terminera au printemps son baccalauréat en communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), estime que le service aux étudiants est un outil que ne peut ignorer un étudiant.
«On voit que ça fait des années qu’ils font ça», dit-elle en déplorant cependant le peu d’employés affectés à ce service. Mireille Legault ajoute que les sites web des universités font aussi partie de ces services aux étudiants si précieux.
«Au départ, je voulais aller à Los Angeles, mais le site web de l’université où je voulais aller était mal fait. Finalement, c’est la Eastern Oregon University qui m’a parlé parce que son site est clair.»
«Si les universités veulent attirer plus d’étudiants étrangers, poursuit-elle, leurs sites web doivent être clairs, puisque c’est le mode de communication par excellence. C’est maintenant comme ça qu’on va chercher notre information rapidement au lieu d’attendre qu’une personne soit libre pour nous recevoir ou attendre un retour d’appel.»
Témoignage. À la rescousse des aspirants boursiers
À l’âge de 32 ans, Joël Plouffe a un parcours universitaire impressionnant. Étudiant au doctorat en science politique à l’UQAM, le jeune homme, comme tous ses pairs, doit cependant faire des demandes de bourse pour survivre. Le service à la vie étudiante l’a justement beaucoup appuyé dans ses démarches pour obtenir du financement pour ses études.
Si la première étape d’une demande de bourse est assumée par l’étudiant lui-même, explique-t-il, les étapes qui suivent sont franchies avec les experts des services à la vie étudiante.
«C’est un parrainage, explique-t-il. On avance main dans la main avec eux. Lorsqu’on soumet notre dossier pour des bourses prestigieuses, le service à la vie étudiante devient essentiel.»
Joël Plouffe explique que les employés de ce bureau sont des experts des différentes bourses offertes aux étudiants au Canada et qu’ils savent exactement, non seulement le type de candidats recherchés, mais la façon dont présenter un dossier. «Ce sont des conseillers essentiels, affirme le jeune homme. Sans ce service-là, on n’avancerait pas.»