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Vite un sommet sur l’enseignement supérieur!

Photo: Métro

Le ministre Pierre Duchesne a annoncé un Sommet de l’enseignement supérieur pour janvier. Espérons que ce sera l’occasion de revoir le modèle de la formation universitaire.

Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, n’est pas du tout convaincu que les universités sont sous-financées et demande qu’on lui montre des chiffres.

L’hypothèse a été avancée qu’ au lieu d’être augmentés de 325 $ par an pendant 5 ans, tel que prévu sous le gouvernement Charest, les frais de scolarité pourraient simplement être indexés à l’inflation. Une idée qui fait bien sûr  frémir la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ).

Il y a des années maintenant que la Conférence milite en faveur d’une augmentation substantielle des frais, pour combler le sous-financement chronique qui affligerait les universités. Selon ses dernières estimations, les universités ont besoin, chaque année, de 640 M$ pour demeurer compétitives dans un contexte nord-américain. Indexer les frais de scolarité serait nettement insuffisant pour combler cette somme.

Comme s’il voulait tourner le couteau dans la plaie,  M. Duchesne n’a promis aucune compensation pour l’annulation de la hausse des frais de scolarité, alors que les universités l’avaient déjà incluse dans leur budget et espéraient recevoir la bagatelle somme de 40 M$ pour le boucler. C’est donc un départ bien difficile entre le nouveau ministre et les universités québécoises.

M. Duchesne est conscient que l’enjeu du financement doit se régler bientôt. C’est pourquoi il prévoit un Sommet sur l’enseignement supérieur en janvier 2013, tel que le Parti Québécois l’avait promis. Espérons néanmoins que ce sommet ne s’adressera pas qu’à la question du financement de nos universités, car il serait sage de se demander d’abord ce qu’on devrait financer au juste.

Des remises en questions justifiées
Partout en Amérique du Nord, l’enseignement universitaire sous sa forme actuelle est remis en question. Plusieurs facteurs militent pour une transformation en profondeur.

D’abord, l’augmentation constante des frais de scolarité, alors que les perspectives d’emploi des jeunes diplômés sont  faibles, a réduit considérablement la valeur économique des diplômes universitaires. Plusieurs croient déjà que le modèle de formation en salle de classe n’est plus une proposition rentable pour les étudiants.

De plus, de nombreux établissements ont fait la preuve que les nouvelles technologies rendent possibles de dispenser un enseignement de qualité et tout à fait gratuit.

Finalement, les jeunes sont de plus en plus nombreux à questionner  la pertinence des contenus qui leur sont offerts et la faible implication des professeurs dans l’enseignement de premier cycle. Ces considérations nous conduisent à nous demander si, sous sa forme actuelle, l’enseignement universitaire vaut vraiment ce qu’on paye.

Un autre modèle est donc à définir, un modèle plus économique qui mettra tout probablement moins d’accent sur la présence en salle de classe. Quel devrait être ce nouveau modèle? Voici bien ce dont il faudra discuter avant de parler financement!

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