Cinq étapes pour s’orienter
«Dans quel programme vais-je étudier l’an prochain?» La question peut être une source d’anxiété.
L’auteure et conseillère en orientation Isabelle Falardeau vient à la rescousse des indécis et explique ici les étapes du processus d’orientation.
1. La connaissance de soi
Isabelle Falardeau fait remarquer l’empressement avec lequel certains étudiants essaient de faire leur choix : «Ils veulent savoir tout de suite… Ils tentent de sauter des étapes importantes. Ils oublient qu’il faut d’abord et avant tout apprendre à mieux se connaître pour s’orienter.»
La connaissance de soi est le point de départ de tout processus d’orientation. Elle consiste à déterminer le profil professionnel, les intérêts, les aptitudes, les compétences, les types d’intelligence ainsi que les valeurs et les besoins d’une personne. Elle amène notamment le jeune à se questionner sur ses expériences, à cerner ses forces, à s’intéresser au parcours scolaire et professionnel de ses parents et à réfléchir à ce qui le rendrait le plus heureux dans un travail. Le salaire? La flexibilité des horaires? L’avancement? Les possibilités de voyager?
2. L’estime de soi
Il faut également être en mesure de reconnaître ce que l’on est pour continuer à avancer dans le processus décisionnel. Mme Falardeau aborde ainsi la seconde étape : l’estime de soi. «On en parle trop peu souvent, mais l’estime personnelle est une dimension essentielle dans le domaine de l’orientation, affirme-t-elle. Quand elle est négative, on risque de se censurer dans ses choix et, par conséquent, de restreindre ses possibilités parce qu’on a peur de commettre des erreurs.»
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Faire le pari qu’on sera compétent dans le domaine que l’on convoite s’avère impossible quand on a une faible estime de soi. «C’est le cas, par exemple, d’un jeune qui souhaite étudier en génie civil, mais qui a peur que les ponts qu’il va dessiner s’effondrent ou encore d’une personne qui adore la psychologie, mais qui craint faire plus de tort que de bien.»
Différents facteurs peuvent influencer l’estime de soi : les relations sociales, le regard des autres, la perception que l’on a de ses qualités, les expériences et les façons de les interpréter, les fausses croyances, etc.
Avoir une bonne estime de soi signifie également être en mesure de se projeter dans l’avenir, et ce, de façon positive et réaliste. «L’estime de soi repose également sur les rêves qu’on a, souligne-t-elle. À cette étape, on doit réfléchir à son métier idéal, aux personnes que l’on admire, à ce que l’on veut accomplir… On doit avoir confiance en ses qualités et trouver des moyens pour s’approcher de son idéal.»
3. La découverte du monde scolaire et professionnel
On peut y arriver en effectuant des liens avec son identité personnelle. Mme Falardeau précise qu’il ne s’agit pas de trouver le métier ou la profession qui nous convient parfaitement, mais plutôt de faire une liste de possibilités qui s’offrent à nous et d’établir un ordre de préférence, en fonction de nos qualités, de nos intérêts et de nos valeurs. L’exploration du monde scolaire et professionnel peut se faire en parallèle avec la connaissance et l’estime de soi.
Quand une profession ou un métier nous intéresse, on recherche généralement le parcours scolaire qu’il faut suivre pour accéder au marché du travail. Mais quand on est encore indécis, il est possible de ne pas savoir par où commencer. Si c’est le cas, Mme Falardeau conseille aux jeunes de concentrer d’abord leurs recherches sur les programmes d’études. «C’est plus facile, car ils sont moins nombreux que les métiers et professions. De plus, on se trouve à faire un choix pour quelque chose qui est plus près de nous. Dans quel domaine aimerais-je étudier? Certaines formations peuvent même ouvrir la porte à plusieurs possibilités.» Avec un baccalauréat en administration, par exemple, les avenues sont multiples.
4. L’heure du choix
L’étau se resserre : on doit choisir! Dans le processus d’orientation, la prise de décision est l’étape la plus exigeante.
Mme Falardeau conçoit qu’il est plus difficile de choisir aujourd’hui que par le passé. «Tout d’abord, le marché du travail est en perpétuelle transformation. Il est possible qu’un jeune exerce plus tard une profession qui n’existe même pas encore. Il y a 15 ans, le développement d’applications web et l’animation de médias sociaux étaient des domaines qui nous étaient complètement inconnus. De plus, les métiers et professions sont de plus en plus difficiles à visualiser. Si j’hésite entre génie informatique et génie logiciel, ou encore entre génie des mines et génie géologique, il peut être difficile de faire la différence.»
D’autres raisons font également en sorte qu’il n’est pas toujours facile de prendre une décision en matière d’orientation : la peur de déplaire aux autres, tout particulièrement à ses parents, la peur de se tromper, l’abondance ou le manque d’options, l’obligation de renoncer à des possibilités que l’on trouvait intéressantes, le manque de méthode pour mettre les professions ou les formations en ordre de préférence, etc.
5. Développer son pouvoir personnel
Quand le choix d’un programme d’études est arrêté, c’est le temps de passer à l’action : faire sa demande d’admission. Il faut également envisager différents scénarios possibles si jamais le premier choix ne fonctionne pas comme prévu.
«Cet exercice est composé de “si” et de “non”, explique-t-elle. En orientation, contrairement à ce qui se passe en amour, il est sain, et même conseillé, d’avoir plusieurs options!»
En cours de route, des réajustements seront peut-être nécessaires. «S’orienter est un processus qui se vit en continu, souligne-t-elle. Ce n’est pas seulement réfléchir, c’est aussi se fixer des objectifs et poser des gestes concrets pour les atteindre. Mes actions font en sorte que mon avenir se joue au présent et que j’ai le pouvoir de changer les choses.»
En effet, le processus d’orientation est ponctué de périodes de réflexion et d’action qui permettent, au besoin, de modifier son parcours scolaire et professionnel. C’est de cette façon que l’on exprime son plein pouvoir personnel et que l’on donne vie à son projet de carrière.
Tiré du Palmarès des carrières 2013