Formation et emplois

L’avenir du métier de libraire

Photo: Métro

Les libraires ont la vie de plus en plus dure et le métier doit s’adapter aux changements en cours.

D’après l’Association des libraires du Québec (ALQ), plus de 20 librairies ont fermé leurs portes au Québec depuis 2010 et d’autres pourraient suivre. Les librairies de quartier font face à plusieurs tendances qui viennent réduire la vente de livres.

D’abord, les grandes surfaces (Costco, Walmart, etc.) leur font la concurrence, en proposant les meilleurs vendeurs à des prix beaucoup plus bas. Afin de les en empêcher, l’ALQ et d’autres associations ont demandé au gouvernement de légiférer un prix minimum pour les livres neufs. Une commission parlementaire se penchera sur la question au mois d’août, mais ce plancher ne suffira pas à garder nos librairies ouvertes indéfiniment.

La menace la plus importante vient des nouvelles technologies. Grâce à l’amélioration des écrans des lecteurs numériques et des tablettes, les livres électroniques ont connu une expansion très importante au cours des sept ou huit dernières années. Selon Booknet, 15 % de tous les volumes vendus au Canada en 2012 étaient en format électronique, livrés par internet sans l’aide d’un libraire. C’est énorme quand on pense que ces livres ne sont apparus qu’en 1997 environ.

En ajoutant la concurrence des librairies en ligne telle Amazon, on comprend pourquoi les libraires éprouvent des difficultés à conserver leur chiffre d’affaires. Mais toutes les cartes n’ont pas encore été jouées. Toujours selon l’étude de Booknet Canada, 71 % des consommateurs préfèrent acheter leurs livres en format papier et 34 % les achètent en librairie, car magasiner y est plus pratique. Néanmoins, il y a fort à parier que les jeunes se tourneront vers le livre électronique, et c’est aujourd’hui que les libraires doivent s’adapter pour survivre aux changements en cours.

Les établissements n’offrent pas de formation qui prépare à la fonction de libraire, mais il est possible d’apprendre le métier en cours d’emploi et d’obtenir un certificat de qualification professionnelle, délivré par Emploi Québec (voir http://www.cqrhc.com/pamtlibraire). Cette formation en cours d’emploi fera de vous un libraire au sens traditionnel, habileté à conseiller les clients sur les livres imprimés et à les mettre en marché; mais le libraire de l’avenir devra aussi pouvoir répondre aux questions de sa clientèle sur tous les livres disponibles, qu’ils soient sur support papier ou électronique. Il devra aussi devenir un as de la recherche pour être en mesure de trouver n’importe quel volume, indépendamment du support.

On peut même imaginer le libraire devenir animateur et offrir, sur un site web, des critiques savantes sur les divers volumes disponibles à sa clientèle. Ces nouvelles habiletés le transformeront alors en un guide recherché de l’univers des publications.

Ce texte est le premier d’une série sur l’avenir des métiers et des professions.

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