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La fin des postiers?

Photo: Métro

Postes Canada ferait face à des pertes totales de 1 G$ d’ici 2020, selon un rapport commandé auprès du Conference Board du Canada. Les travailleurs des postes ont-ils encore un avenir?

Par le passé, Postes Canada a employé un très grand nombre de travailleurs; ils étaient encore 68 000 l’année dernière. La majorité travaillait au tri et à la livraison du courrier physique, qui nécessitaient beaucoup de main d’œuvre, mais n’exigeaient que des compétences apprises sur le tas. Malgré ce niveau de qualification relativement faible, les travailleurs bénéficiaient de salaires très intéressants, dépassant souvent  les 45 000 $ par an, grâce au puissant Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP).

Mais le STTP ne peut simplement pas protéger les travailleurs des postes de la désuétude. Les services de livraison physique, s’ils ne disparaîtront pas complètement, ne pourront jamais plus soutenir une main d’œuvre aussi importante et bien rémunérée. Le travailleur des postes, tel que nous l’avons connu du moins, est voué à la disparition à plus ou moins courte échéance.

Évidemment, il a déjà été remplacé par les travailleurs de la mise en réseau, qui sont désormais les maîtres de la transmission des communications de toutes sortes.

Eh oui, l’ère de l’internet a finalement rattrapé les postes, dont le gros du chiffre d’affaires dépend toujours de la livraison physique du courrier! Or, les Canadiens expédiaient un milliard de lettres de moins en 2012 qu’en 2006. De plus en plus de communications utilisent un format électronique au lieu d’un support physique. Il suffit de penser à la masse de factures-papier qui est disparue avec la venue des services électroniques de paiement des banques.

Déjà, les revenus de la société en souffrent. Pour le premier trimestre de 2013, elle aurait déclaré une perte nette de 41 M$, sauf pour la vente d’un centre de traitement du courrier à Vancouver. Au premier trimestre de 2012, la Société avait déclaré une perte de 59 M$.

Devant ces pertes réelles et appréhendées, Postes Canada n’a d’autre choix que de revoir son mode de fonctionnement. Livraison un jour sur deux, délai de livraison allongé, élimination des bureaux de postes en faveur de comptoirs licenciés, tout est sur la table pour lui permettre de s’adapter à sa nouvelle réalité. Une chose est certaine, et ce, malgré les propos rassurants tenus par la direction : un volume moins élevé de courrier signifie éventuellement un besoin moindre de personnel.

Au lieu de postuler aux Postes, il serait donc plus sage de devenir un spécialiste du réseautage et des télécommunications. Certes, vous ne pouvez apprendre ce métier sur le tas, il vous faudra au minimum compléter un DEC en informatique, option réseau, par exemple (voir macarrieretechno.com pour les possibilités de formation). Mais votre avenir sera beaucoup plus sûr.

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