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Scolarité : les femmes dépassent les hommes

Photo: Métro

Pour la première fois, les femmes sont aujourd’hui plus scolarisées que les hommes. Le marché de l’emploi de demain se déclinera-t-il au féminin?

Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, environ 64,8 % des femmes  âgées de 25 à 64 ans ont fait des études post-secondaires. Ce n’était le cas que de 63,4 % des hommes. Les femmes représentent plus précisément 59,1 % des bacheliers, 58,1 % des détenteurs de la maîtrise et 55,8 % des diplômés des collèges. Évidemment, ce sont les plus jeunes d’entre elles, les 25 à 34 ans, qui sont les plus nombreuses à détenir un diplôme.

Malgré ce niveau de scolarisation plus élevé, elles sont pourtant encore nombreuses à occuper des emplois traditionnels : adjointe administrative, infirmière, éducatrice à la petite enfance ou réceptionniste. Les emplois les plus communs chez les hommes sont conducteur de camion, chauffeur-livreur, mécancien, charpentier-menuisier, soudeur et électricien. Il s’agit souvent de métiers au quels on accède grâce à une formation professionnelle (DEP), dont 80 % des diplômés sont des hommes. Ils sont également plus nombreux à compléter un doctorat (52,7 %), bien que par une toute petite marge.

Ce sont souvent des femmes plus âgées et moins formées qui occupent les emplois plus traditionnels. Les plus jeunes étant plus souvent diplômées lorsqu’elles se présentent sur le marché du travail, il faut s’attendre à ce que la liste des emplois occupés surtout par des femmes change radicalement au cours des prochaines années. Les filles sont majoritaires dans les formations en santé, en gestion, en communication et en droit. En médecine, par exemple, les jeunes femmes représentent la majorité : 62,2 % des nouveaux médecins étaient des femmes en 2011.

Ce sont donc elles qui occuperont, à la place des hommes, la plupart des postes stables et rémunérateurs dans les emplois suivants : médecins, pharmaciens, gestionnaires et autres postes de haut niveau. Au contraire, étant moins formés, les hommes expérimenteront plus de chômage et une plus grande précarité économique. Déjà, je peux le constater dans ma pratique de conseil de carrière. C’est de plus en plus souvent la femme qui a la carrière la plus stable du couple. La dynamique conjugale en sera certainement profondément modifiée.

Pourquoi les hommes ont-ils perdu tant de terrain face aux femmes? Les hommes que je rencontre et qui ont abandonné leurs études avaient trop hâte d’entrer dans la vraie vie. Ils toléraient souvent mal la rigueur et la discipline qui étaient exigées d’eux à l’école. Les filles semblent au contraire plus patientes et acceptent plus facilement les exigences. Ce sont donc elles qui continuent et terminent leurs études le plus souvent.

Les jeunes hommes doivent réapprendre la détermination et la persévérance devant les défis, de belles valeurs masculines qui leur permettraient de combler leur retard.

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