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Bouchra Klaoua: Un exemple de persévérance

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Bouchra Klaoua.

Les histoires présentées dans cette chronique se terminent toujours bien. Celle-ci ne fait pas exception. Elle reflète toutefois le lot de difficultés et de sacrifices qu’entraîne souvent l’immigration.
 
Bouchra est née à Mekhnès, au Maroc, dans une famille de sept enfants. «Mon père était plutôt conservateur, mais il tenait absolument à ce nous fassions des études pour pouvoir avoir un bon emploi.»

Bouchra a donc fait des études supérieures en sociologie à l’Université de Strasbourg. «J’ai passé de très belles années en France, mais ma famille me manquait énormément. Je savais que je rentrerais une fois mon diplôme en poche.»

À son retour, Bouchra est embauchée par une multinationale allemande, spécialisée en lingerie féminine, qui veut s’implanter au Maroc. «Le directeur général et moi avons démarré l’entreprise dans un hangar. Tout était à faire. Dix ans plus tard, je supervisais plus de 1 000 employés.»

Bouchra adore son travail et sa vie au Maroc. Néanmoins, elle décide d’appuyer son mari dans sa volonté d’immigrer au Canada. Avec leur petite fille de deux ans, Sarah, ils débarquent à Montréal en août 1998. «Quitter le Maroc et tout ce que nous avions là-bas a été pour moi très difficile. À notre arrivée ici, nous nous confortions à l’idée que de belles occasions professionnelles s’offriraient à nous grâce à notre bon dossier d’immigration. Les mois ont passé et nous n’arrivions pas à trouver du travail. C’était une déception totale.»

Bouchra s’inscrit au certificat en gestion des ressources humaines à l’UQAM. Entre temps, le Centre des femmes de Montréal, qui l’appuie dans ses démarches de recherche d’emploi, lui offre un petit contrat. Elle s’acquitte brillamment de ses tâches et se fait offrir un poste permanent de conseillère en emploi au printemps 1999.

Malgré tout, Bouchra se questionne. «Ce n’était pas vraiment le type d’emploi que je cherchais et je devais faire vivre ma famille avec un tout petit salaire. C’était frustrant. Je n’étais pas certaine d’être faite pour ça. Pendant les trois premières années, je voulais rentrer au Maroc.»

Mais la famille s’élargit avec l’arrivée du petit Rayan et Sarah s’intègre à merveille. De plus, les efforts de Bouchra commencent à payer. Elle devient coordonnatrice au Centre des femmes et s’enracine de plus en plus dans son milieu. «C’est le communautaire qui m’a donné ma première chance. Je m’y suis fait des amis et j’y ai construit mon réseau, si important depuis mon arrivée ici.»

En 2006, Bouchra obtient la chance dont elle rêve depuis de longues années et devient directrice générale au Carrefour jeunesse-emploi de Rivière-des-Prairies. Trois ans plus tard, elle accepte un poste similaire au CJE de Bourassa-Sauvé. «J’aime les défis et il y en a beaucoup ici. Il y a tant de besoins à combler et de programmes à mettre sur pied. J’ai la chance d’avoir une équipe formidable.»

Son mariage n’a pas survécu aux années difficiles. Malgré tout, à force de persévérance, Bouchra a fini par se construire à Montréal une vie différente, mais qui la rend heureuse.  

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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