Un emploi d'été «gratifiant»
Tous ceux qui ont travaillé comme moniteur dans un camp le diront : il s’agit d’une expérience inoubliable. Deux d’entre eux témoignent.
- Caroline, 20 ans
Monitrice de camp de vacances
Cela fait des années que Caroline passe tous ses étés au camp Kanawana. Petite, elle y était campeuse, mais depuis trois ans, elle y est monitrice. Quand elle était campeuse, la jeune femme n’avait jamais vraiment pensé qu’elle deviendrait un jour monitrice, mais l’été de ses 15 ans, alors qu’elle se cherchait un premier emploi, le travail de monitrice lui est apparu comme une évidence. «Je ne pouvais pas m’imaginer rester tout l’été en ville à travailler dans un bureau et à faire la même chose tous les jours», confie-t-elle.
Cela dit, Caroline concède que le travail de monitrice n’est pas de tout repos. Selon elle, les principaux défis consistent à faire face aux conflits de groupe et à apprendre à gérer son énergie tout au long de la journée.
«Mais c’est tellement gratifiant! affirme-t-elle. La vraie récompense, quand tu es monitrice, c’est lorsque tu vois un changement s’opérer chez un enfant pendant son séjour au camp; quand au départ, il y a un mur entre lui et toi et que petit à petit ce mur tombe. Combien de fois j’ai vu des enfants arriver en pleurant et ensuite ne plus vouloir repartir!»
Outre les enfants, l’esprit de camaraderie qui se développe entre les moniteurs participe aussi du plaisir de travailler dans un camp de vacances, souligne la principale intéressée. «On tisse rapidement des liens parce qu’on est toujours ensemble», dit-elle.
Caroline ne sait pas encore si elle passera l’été 2012 au camp Kanawana. L’étudiante en génie chimique devra peut-être rester en ville pour ses études. Mais peu importe, ses années passées comme monitrice resteront longtemps gravées dans sa mémoire.
- Marie-Claude, 20 ans
Monitrice de camp de jour
Marie-Claude, alias Trémolo, est monitrice depuis deux ans au camp de jour du centre Y Hochelaga-Maisonneuve des YMCA du Québec. Ce qui lui plaît le plus dans le métier de monitrice? Faire aller l’imagination des petits et des plus grands!
«L’imagination des enfants est sans limites, dit-elle. Ils embarquent dans tous les jeux, et tu peux leur faire vivre toutes sortes d’expériences. Le fait qu’ils ne soient pas dans un cadre scolaire permet d’exploiter toutes sortes de possibilités d’activités avec eux.»
Pas facile toutefois d’être monitrice dans un camp de jour situé en ville. Le niveau de stress est assez élevé, concède la jeune femme. «Je me souviens de la première fois que j’ai pris l’autobus de ville avec des jeunes. Ce n’était pas de tout repos!» raconte-t-elle.
Selon Marie-Claude, une des principales qualités que doit posséder un moniteur ou une monitrice est la capacité d’adaptation, et le sens de l’organisation. «Tout peut arriver quand tu es monitrice! Si ton grand jeu du vendredi dure 45 minutes au lieu de deux heures et demie comme tu l’avais prévu, il faut que tu saches te retourner de bord assez rapidement, car les enfants n’attendent pas, eux», rappelle-t-elle.
Et bien sûr, il y a certains aspects plus difficiles du travail, comme avoir un enfant handicapé intellectuellement dans son groupe, ou s’apercevoir qu’un campeur n’a pas grand-chose dans sa boîte à lunch, mais ces moments plus difficiles ne pèsent pas bien lourd dans la balance devant un enfant qui a des étoiles plein les yeux ou devant un campeur qui ne nageait pas au début de l’été et qui barbote en août comme un poisson dans l’eau.
«Ce qui me fait le plus plaisir, c’est quand je retrouve mes campeurs de l’année précédente, confie l’étudiante en histoire. Voir ces jeunes-là grandir, c’est beau!»