Formation et emplois

Techniques d’éducation spécialisée, une formation exigeante, mais gratifiante

Photo: Métro

Les éducateurs spécialisés interviennent auprès de personnes pour les aider à se réinsérer ou à s’intégrer. Avec un taux de placement de 95%, il s’agit d’une des seules formations collégiales de trois ans à temps plein permettant d’accéder à une profession de relation d’aide sans passer par l’université.

Les éducateurs spécialisés travaillent auprès de diverses clientèles (déficience intellectuelle, motrice, sensorielle; personnes âgées; petite enfance; toxicomanie; troubles d’apprentissage; troubles de santé mentale; troubles du comportement; troubles du spectre de l’autisme), dans divers milieux (centres de réadaptation, centres jeunesse, CHSLD, CLSC, CPE, écoles primaires et secondaires, hôpitaux, milieux communautaires). Le programme Techniques d’éducation spécialisée comprend trois stages: un premier de sensibilisation, un deuxième d’application, et un dernier d’intervention. «La formation est très exigeante et demande une bonne discipline de travail. Il faut aussi que les étudiants deviennent plus solides sur le plan personnel. Il y a donc beaucoup d’éléments introspectifs», affirme Mélanie L’Heureux Lapalme, coordonnatrice du programme au cégep du Vieux-Montréal.

Trois qualités sont recherchées chez les candidats: la curiosité et l’ouverture d’esprit afin de pouvoir rencontrer l’autre dans ce qu’il est (déficience intellectuelle profonde, par exemple); la créativité afin de pouvoir faire face à l’imprévu et de mettre sur pied différentes activités; et l’organisation afin d’être en mesure de planifier et d’assurer la pérennité de ses interventions.

Faits saillants

  • Offert seulement à l’automne, le programme est contingenté (180 admis sur 500 demandes) et est accessible au premier tour du SRAM seulement.
  • Le salaire de base d’un éducateur spécialisé se situe autour de 37 000$.
  • Le stage d’intervention peut être fait au Québec ou à l’étranger.

«Depuis l’adolescence, je suis fascinée par le cerveau et les troubles de santé mentale.»

Technique éducation spécialisée Annie MurphyCV

  • Nom : Annie Murphy, éducatrice
  • Formation : Techniques d’éducation spécialisée, Cégep du Vieux-Montréal, 2009 à 2012
  • Employeur au moment de l’entrevue : Institut universitaire en santé mentale de Montréal
  • Dans la profession depuis : 2012

Pourquoi avez-vous choisi cette profession?
Depuis l’adolescence, je suis fascinée par le cerveau et les troubles de santé mentale, mais je n’ai jamais voulu m’engager dans des études universitaires. La formation collégiale n’était pas trop longue et m’offrait d’intéressantes perspectives d’emploi.

Quelles sont les principales tâches d’une éducatrice?
Les tâches varient selon le milieu. Pour ma part, je fais un remplacement dans un foyer de groupe auprès d’une clientèle adulte qui n’a pas l’autonomie pour être en appartement. Avec mes clients, nous fixons des buts à atteindre. Mes interventions se font dans une optique de réinsertion sociale. Je cherche des moyens concrets pour atteindre les buts fixés et développer l’autonomie de mes clients.

Quelles qualités doit posséder une éducatrice?
De l’empathie et une grande écoute. C’est aussi très important d’être capable de faire la part des choses et d’avoir confiance en soi. Finalement, il faut être capable de rédiger de bons rapports sur l’évolution des clients afin que les spécialistes qui gravitent autour de nous (médecins, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, kinésiologues, etc.) puissent réaliser leurs interventions en se basant sur nos observations.

Quels aspects du travail préférez-vous?
Le vécu quotidien partagé. J’aime passer des moments simples avec mes clients, comme cuisiner et partager un souper. Une fois par semaine, on va faire une marche et on jase de tout et de rien. J’apprécie particulièrement ces moments, qui font oublier la maladie et me permettent de tisser des liens de confiance avec mes clients.

Quelles sont les difficultés liées à votre travail?
Les situations de crise. C’est éprouvant de devoir se mettre à sept pour attacher une personne hors de contrôle et d’être obligé d’appeler l’ambulance, de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires pour sa sécurité et son bien-être. Et puis, en travaillant avec une clientèle judiciarisée, ce n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Je suis loin d’approuver les gestes qu’ont posés mes clients, mais je dois me répéter qu’ils ont droit à leur chance. Finalement, ça peut prendre plusieurs années avant d’avoir un poste permanent, il faut donc être prêt à travailler n’importe quand, même à Noël.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut devenir éducateur?
Prendre le temps de travailler sur soi. On se rend compte, en travaillant dans le milieu, qu’il est important d’avoir guéri les possibles blessures du passé.

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