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Apprendre par ses pairs

Silhouettes of Business People Discussing Outdoors Photo: Métro
Josiane Roulez - 37e Avenue

Depuis quelques années, des communautés virtuelles d’apprentissage font leur apparition. Des professionnels, des gens créatifs et des passionnés d’innovation s’y retrouvent pour partager des savoirs qui ne sont pas encore enseignés dans les formations traditionnelles. Survol d’un phénomène en croissance.

«Aujourd’hui, les professionnels n’ont plus envie de rester assis sur les bancs d’école», soutient Christine Renaud, fondatrice de E-180, un réseau d’apprentissage par les pairs. «Le savoir évolue beaucoup plus vite que l’université est capable de l’intégrer aux cours. L’apprentissage par les pairs offre une avenue flexible et personnalisée pour se tenir à jour en matière d’innovation.»

E-180 a ainsi mis sur pied une plateforme permettant à tout un chacun de partager ses savoirs et de demander de l’information. Le principe est simple: les participants se créent un profil où ils indiquent les connaissances qu’ils désirent transmettre et celles qu’ils souhaitent acquérir. Puis, au moyen de l’interface web, ils peuvent prendre rendez-vous avec un autre membre du réseau pour échanger de l’information. Les membres se rencontrent durant une heure au moment et dans le lieu de leur choix, par exemple dans un café.

«Cette méthode d’apprentissage présente des avantages énormes, affirme Christine Renaud. Les participants acquièrent des connaissances de pointe qui ne seraient pas disponibles autrement, et reçoivent une formation personnalisée, axée sur leurs besoins actuels.»

Un phénomène grandissant
Issu du monde de l’éducation, le concept d’apprentissage par les pairs ne date pas d’hier. Popularisé en 1997 par Eric Mazur, professeur de physique à l’Université Harvard, il vise à encourager l’acquisition du savoir en amenant les étudiants à collaborer dans la résolution de problèmes.

L’approche a fait des petits, et des groupes d’apprentissage dédiés aux professionnels, aux cadres ou aux entrepreneurs ont vu le jour. Puis, la tendance s’est tout naturellement transférée à la sphère numérique. Des communautés virtuelles ont fait leur apparition, comme Meetup, une plateforme qui permet d’organiser des rencontres de groupe sur différents thèmes, et Peer-to-Peer University, un site web de formations collaboratives développées par et pour les pairs.

«En réalité, l’apprentissage par les pairs est un mouvement humain naturel. Les enfants apprennent des autres dès leur plus jeune âge, soutient Christine Renaud. E-180 a simplement systématisé ce processus et l’a proposé à une communauté de personnes qui ne se connaissent pas nécessairement entre elles, mais qui ont en commun le désir de partager des savoirs.»

Remplie de nobles intentions, Christine Renaud reconnaît que la formule E-180 rencontre un défi majeur: le temps. «Pour chacun des membres de la communauté, le temps est extrêmement précieux. Entre la famille, le travail et les activités sociales, il est difficile de faire de la place à une rencontre avec un pur étranger, sans être certain que cela va en valoir la peine.»

Pour cette raison, E-180 a élargi depuis peu ses activités en participant à des événements tels que C2 Montréal, consacré à la créativité et à l’innovation. «Les gens qui vont à C2 Montréal paient et réservent du temps justement pour rencontrer de nouvelles personnes, pour échanger et pour partager des savoirs», dit Mme Renaud.

E-180 mettra entre autres à la disposition des participants une plateforme exclusive pour l’événement, une application mobile et des «entremetteurs» qui faciliteront les rencontres sur place.

Un concept rassembleur
Dans une société souvent décrite comme individualiste, l’apprentissage par les pairs a le mérite de rassembler les gens, de leur permettre de tisser des liens. «Lorsqu’une rencontre fonctionne, les participants sont émerveillés et touchés qu’un étranger ait ainsi pris le temps de leur donner un coup de main, dit Christine Renaud. Un participant m’a même dit que notre travail redonne espoir en l’humanité !»

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