Formation et emplois
19:29 11 août 2015 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 14:55 Temps de lecture: 3 minutes

Un revenu minimum garantit la liberté

Un revenu minimum garantit la liberté
Photo: Métro

Plus on a d’argent, plus on jouit de la liberté. Des revenus un peu plus importants donneraient donc à tous un peu plus de liberté.

Imaginez que, chaque mois, vous receviez automatiquement, disons, 1200$. Vous n’avez pas eu à travailler pour gagner cet argent, vous y avez simplement droit en tant que citoyen ou résidant. Vous le recevrez pendant toute votre vie adulte, peu importe que vous perceviez également un salaire ou des revenus d’un travail autonome.

C’est ce qu’on appelle le revenu minimum garanti (RMG), une idée qui n’est pas nouvelle puisqu’on en discute depuis Napoléon. Le RMG remplacerait la panoplie de programmes de soutien au revenu qui existent à l’heure actuelle: assurance-emploi, aide financière de dernier recours, et même les prêts et les bourses pour les étudiants. Parce qu’il serait universel et versé automatiquement, son administration serait moins coûteuse que celle de ces programmes.

Le RMG suscite de plus en plus d’intérêt depuis quelques mois pour au moins deux raisons. La première est que trop de nouveaux emplois sont précaires et mal rémunérés. La croissance de l’emploi, à elle seule, ne garantit donc plus la réduction de la pauvreté, sauf dans les économies émergentes. Le RMG réduirait les difficultés financières vécues par ceux qui occupent ces emplois en garantissant que leurs revenus ne tombent jamais sous un seuil minimum.

Ensuite, et surtout, la technologie rendra bientôt inutiles de nombreux travailleurs: jusqu’à 47% des emplois pourraient être automatisés au cours des deux prochaines décennies. Cela signifie que notre économie pourra fonctionner en bonne partie sans notre apport, alors que c’est cet apport qui justifie nos salaires. La technologie pourrait donc priver de revenus des millions de personnes et conduire à une crise profonde d’ici 2030. Pour l’éviter, un RMG redistribuerait entre tous une partie des richesses produites par le travail des machines.

La Finlande teste en ce moment le RMG et pourrait bien devenir le premier pays du monde à appliquer cette mesure. Un projet pilote a aussi lieu aux Pays-Bas, dans le comté d’Utrecht. Au Canada, les maires de Calgary et d’Edmonton désirent également tester le RMG dans leurs villes. Qui dira après ça que l’Alberta n’est pas progressiste?

Une fois implanté, un RMG pourrait avoir un effet important sur la liberté des étudiants. Selon des études récentes, les jeunes, surtout aux États-Unis, choisissent leur formation surtout pour les revenus que le diplôme permet de recevoir, en raison du coût élevé des études. S’ils savaient qu’ils peuvent compter sur un RMG pour atténuer ces coûts, il est permis de penser que plusieurs se sentiraient libres de choisir selon d’autres critères, par exemple leurs intérêts ou le développement social.

Les travailleurs aussi jouiraient d’une plus grande liberté. Choisir de travailler à temps partiel pour réconcilier travail et obligations familiales serait moins risqué, de même que quitter un emploi qui ne leur convient plus. De plus, le RMG permettrait à tous d’avoir plus de temps libres!

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