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Immigrer vite et bien, le parcours de Joao Daniel Araujo

Photo: Yves Provencher\Métro

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Mont­réal (CRÉ), des portraits inspirants de Montréalais issus de l’immigration qui témoignent de leur parcours et de leurs succès.

Quand Joao Daniel Araujo raconte son parcours, on a l’impression que la narration défile en mode accéléré. Arrivé à Montréal il y a tout juste un an, il en a immédiatement fait son nouveau chez-lui.

C’est peut-être parce qu’il a toujours voulu quitter le Brésil. Ou parce qu’il a l’énergie de la vingtaine, autrefois teintée d’un soupçon de celle du désespoir. Peut-être aussi parce qu’il a eu la chance de faire rapidement des rencontres déterminantes. C’est probablement un peu tout ça, beaucoup d’humilité et une grande volonté qui font que la trajectoire migratoire de Joao D. Araujo détonne. Un an à peine pour trouver un emploi à la hauteur de ses qualifications, un an à peine pour bâtir un solide réseau d’amis et se sentir résolument chez lui.

N’allez pas croire que ç’a été facile pour autant. Faut-il du courage pour quitter son pays ? Il hésite une poignée de secondes avant de lâcher «Oui, beaucoup! Tout est difficile quand on émigre. Apprendre une nouvelle langue, comprendre une nouvelle culture, repartir de zéro. Je sais que j’ai eu de la chance de me tailler une belle place si vite, mais il faut vraiment le vouloir.» Accepter de travailler en télémarketing alors qu’on est diplômé en administration des affaires et qu’on compte cinq ans d’expérience en ressources humaines, par exemple.

Mais pour Joao, puisque rester au Brésil n’était pas une option, les renoncements allaient de soi. Avec sa femme, d’abord très réticente à l’idée d’émigrer, il fait d’abord un saut de puce de Brasilia à Fortaleza, dans le nord du pays. Sur une carte postale, la ville côtière aux plages de sable blanc séduit. Dans la réalité, «vivre au Brésil, c’est enlever son alliance en or avant d’aller à la plage pour éviter de se la faire voler. Tu nais pauvre ou riche, il n’y a pas de juste milieu, et quand tu es né dans la pauvreté, les occasions d’en sortir sont minces. Personne ne peut vouloir d’une vie comme ça», déplore Joao.

À 15 ans, il se débrouille pour apprendre l’anglais, conscient que c’est une des clés dont il doit se doter pour émigrer. Quand il finit par convaincre sa femme, c’est d’abord l’Australie ou Toronto qu’ils lorgnent. Mais Montréal, avec son train de vie bien moins onéreux, l’emporte. Il s’y pose avec un permis de séjour de six mois, dont les trois premiers doivent être consacrés à l’apprentissage du français. «C’est la plus grande épreuve de toute cette aventure!» plaisante Joao, qui se débrouille bien mieux qu’il ne l’admet.

Après le télémarketing, il décroche un contrat temporaire dans le secteur des technologies de l’information. Une collègue lui parle d’une entreprise spécialisée en ressources humaines: il y entre en septembre 2015, en tant que conseiller en recrutement. Une fois le permis de travail renouvelé en attendant la résidence permanente, Joao n’a pas eu besoin de beaucoup d’efforts pour convaincre sa femme de rester. Inscrite à l’université, elle estime aujourd’hui que leur choix était indéniablement le meilleur.

«Il y a à Montréal une qualité de vie incomparable, et des opportunités pour tout le monde.» Bien sûr, si on insiste un peu, Joao finit par admettre que sa famille et ses amis lui manquent parfois. «Mais si je passe mon temps à regarder ce qui me manque, je ne peux ni me sentir bien ni me faire une place ici.»

L’émission de Radio-Canada International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage. Réalisée par la journaliste Anne-Marie Yvon, cette émission est disponible sur le site de RCI (rcinet.ca/francais).

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