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20:46 26 janvier 2016 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 14:52 Temps de lecture: 4 minutes

Les médias numériques au service de la créativité

Les médias numériques au service de la créativité
Photo: Yan Bleney/Collaboration spéciale

Prune Lieutier s’est retrouvée dans le monde des médias numériques un peu par hasard. Étudiant d’abord en droit à Paris, elle était alors loin de se douter qu’elle recevrait, quelques années plus tard à Montréal, le prix Mitacs pour la mise en marché d’applications mobiles de lecture enrichie pour enfants. Portrait.

«J’ai toujours voulu travailler en culture, mais je n’ai aucun talent artistique», rigole la jeune femme de 31 ans. Ne voulant pas imposer de toiles affreuses à tout le monde, ironise-t-elle, elle cherche à travailler en périphérie des arts. Pendant un an, elle travaille à l’UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés. «C’était extrêmement enrichissant, mais j’avais envie d’être encore plus proche des artistes et de la culture», dit-elle.

Elle traverse alors l’océan pour faire un DESS en gestion des organismes culturels aux HEC de Montréal. Elle déniche un stage au Piknic Électronik, où elle restera finalement trois ans avant de joindre l’équipe de Mutek et de faire un passage chez Ubisoft. «J’ai finalement abandonné mon DESS, raconte-t-elle, sentant qu’elle avait trouvé sa branche. J’ai commencé à me rapprocher des médias interactifs et à comprendre les mécanismes du domaine.»

Fan de littérature, elle a voulu joindre ses deux champs d’intérêt en développant un projet de littérature numérique pour enfants. Elle entreprend donc un doctorat à l’UQAM à l’automne 2013, se penchant sur les narrations enrichies avec différents types de médias interactifs pour la jeunesse.

Pour sa collecte de données, la jeune doctorante s’inscrit au programme Mitacs, qui permet à des étudiants de cycles supérieurs de travailler sur leur projet en entreprise. Elle rencontre Véronique Fontaine, éditrice des éditions jeunesse Fonfon. C’est le coup de foudre. «Nos idées se recoupaient et on a décidé de développer une application mobile ensemble», raconte Prune Lieutier, visiblement emballée.  Elles se sont finalement associées en créant La Boîte à Pitons, spécialement dédié à ce nouveau projet.

«Il ne faut pas avoir peur d’expérimenter des choses, de lancer des idées et d’oser des collaborations originales.» -Prune Lieutier

Chaque application propose un livre jeunesse déjà publié chez Fonfon, mais en version enrichie. Les applications intègrent animation, musique, effets sonores, narration préenregistrée, fonctionnalités interactives et une interface permettant aux jeunes de créer leur propre livre à partir de l’univers de l’histoire. «Les jeunes choisissent les décors, les personnages, les objets, la musique, écrivent le texte, enregistrent leur voix, choisissent la couverture et le titre et signent leur œuvre», résume la directrice numérique du projet. Leurs trois premières applications, bilingues, seront lancées le 21 février (5 $ sur IOS et Android).

Ce projet a valu à Prune Lieutier de se retrouver parmi les trois lauréats des Prix Mitacs 2015. «Pour moi, ce prix démontre que le milieu reconnaît l’importance de l’innovation en éducation. C’est l’avenir. La technologie a sa place dans l’écosystème de l’apprentissage. Elle ne remplace rien», ajoute-t-elle.

Place à la créativité
Celle qui croyait au départ ne pas avoir de côté artistique développé s’est finalement retrouvée à baigner dans la création complète d’un projet. «J’avais peut-être une vision limitée de ce qu’est la création», dit-elle finalement.

Faut-il être créatif, pour évoluer dans les médias numériques? «Il faut oser essayer des trucs et penser en dehors de la boîte, car c’est un domaine en pleine expansion qu’on n’a pas encore fini d’explorer», répond-elle.

«Quand on pousse la créativité dans un univers numérique, elle se démultiplie», conclut Prune Lieutier, qui n’a visiblement pas l’intention d’arrêter son exploration de sitôt.

laboiteapitons.com

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