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Payez les femmes!

Businesswoman looking bored in front of laptop and television Photo: Archives Métro

La raison principale qui pousse les jeunes femmes à quitter leur emploi est une rémunération insuffisante.

C’est la conclusion à laquelle parvient une étude réalisée récemment par la firme de consultants International Consortium for Executive Development Research (ICEDR) auprès de jeunes gestionnaires et professionnelles de 22 à 35 ans à l’emploi de sept grandes entreprises de la finance et des technologies. Quand on les interroge, ces jeunes femmes déclarent clairement qu’elles quitteraient leur employeur si cela leur permettait d’obtenir une meilleure rémunération. Ce n’est pas la seule bonne raison de démissionner, cependant. Le manque d’occasions d’apprendre et d’améliorer ses compétences, de même qu’un travail qui apparaît dénué de sens, sont à leurs yeux d’autres bonnes raisons de partir.

Ces résultats viennent contredire une croyance assez répandue qui veut que les jeunes femmes quittent leur emploi parce qu’elles ne peuvent pas concilier les exigences professionnelles et les responsabilités familiales, auxquelles elles accorderaient plus d’importance. Or, bien que les jeunes femmes interrogées désirent équilibrer leur vie familiale et professionnelle, des difficultés sur ce plan ne les forceraient pas nécessairement à quitter une entreprise. Elles désirent d’abord et avant tout avoir l’occasion d’apporter une contribution significative et être reconnues en obtenant une rémunération adéquate. L’avancement professionnel est d’une très grande importance pour elles.

Ces attentes ressemblent d’ailleurs à celles des jeunes hommes du même groupe d’âge. Plusieurs autres études nous disent qu’elles sont communes à tous les jeunes de la génération Y (les millennials), qui arrive maintenant sur le marché du travail.

Évidemment, ces attentes se heurtent à la réalité de la rémunération des femmes. Au Québec, malgré une politique de rémunération égale pour compétences égales, la rémunération des femmes est toujours inférieure, dans l’ensemble, à celle des hommes. Une autre étude, toute récente, de l’Institut de la statistique du Québec, montre qu’au sein des entreprises privées de 200 employés et plus, le salaire des professionnelles atteignait 34,36 $ l’heure en 2013, comparativement à 38,55 $ l’heure pour les hommes du même niveau de compétence. Un écart de 4,19 $ l’heure, soit beaucoup d’argent à la fin de l’année!

Des études américaines montrent également que lorsque les femmes investissent de nouveaux secteurs d’emploi, la rémunération moyenne tend à baisser. C’est ce qui semble s’être passé pour les biologistes et les spécialistes de l’environnement, de même que pour certains designers. Cela voudrait dire que les employeurs ont tellement l’habitude de moins payer les femmes qu’ils ajustent les salaires à la baisse lorsqu’ils les embauchent ou encore que ces dernières, ayant d’autres responsabilités, ne peuvent pas travailler autant d’heures.

Les jeunes femmes éduquées et entreprenantes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, et ce, dans tous les secteurs d’activité. Si les employeurs désirent conserver le talent qu’elles représentent, il va falloir qu’ils délient les cordons de la bourse!

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