Environnement

Les émissions de GES ont encore augmenté au Québec en 2019

Benoit Charette
Le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette. Photo: Josie Desmarais/Métro

Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté au Québec, selon l‘Inventaire québécois des émissions de GES du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) présenté par son ministre, Benoit Charette.

Les émissions de GES sont passées de 80,6 à 84,3 millions de tonnes d’équivalents en CO2 (Mt éq. CO2) entre 2018 et 2019. Il s’agit d’une augmentation de 1,5%. Le Québec demeure toutefois 2,7% sous le seuil de 1990, mais cela semble «insuffisant» pour le ministre. «Ces données prouvent, une fois de plus, que les actions réalisées par le passé pour réduire les émissions de GES au Québec ont été nettement insuffisantes et que plusieurs choix n’ont pas été judicieux».

Le ministre du MELCC pense à la cimenterie McInnis, qu’il décrit comme «l’entreprise la plus émettrice du Québec». Cette cimenterie a été approuvée par un gouvernement précédent et a eu un poids de 1,03 Mt éq. CO2 en 2019.

Le gouvernement a établi la cible de réduction des émissions de GES à 37,5 % par rapport à leur niveau de 1990; celle-ci doit être atteinte d’ici 9 ans, soit en 2030. La cible vers la carboneutralité est espérée en 2050.

Constat amer à Greenpeace Canada

De son côté, Greenpeace Canada constate amèrement le bilan 2019 et demande au gouvernement de «faire sa juste part de l’effort climatique mondial». «Le Québec doit bonifier et chiffrer son plan climat en plus de rehausser sa cible de réduction des GES dès 2022 comme le prévoit le Pacte de Glasgow qui a été négocié lors de la COP26 et appuyé par l’Assemblée nationale du Québec la semaine dernière», a réagi le responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada, Patrick Bonin.

«Au lieu de se cacher derrière les piètres performances des gouvernements précédents, ce gouvernement devrait se regarder dans le miroir alors que son bilan climatique est loin d’être reluisant après plus de trois ans au pouvoir. Il est temps que François Legault prenne la crise climatique au sérieux et que son gouvernement redouble d’efforts alors que son Plan «vert» est grandement déficient et ne permet d’atteindre qu’environ 50% de sa cible de réduction des GES pour 2030.»

Le responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada, Patrick Bonin

L’année «2019 marque le moment où les émissions de gaz à effet de serre des camions légers ont dépassé celles des automobiles. Tous les gains obtenus en efficacité énergétique ont été effacés en raison de la croissance débridée d’un parc automobile composé de véhicules toujours plus gros et plus lourds. Sans surprise, les émissions du transport routier ont augmenté de 60% depuis 1990», commente l’analyste politique en mobilité durable à Équiterre, Andréanne Brazeau.  

Le secteur des transports reste celui qui émet le plus de GES au Québec. «En 2019, les transports ont généré 43,3% des émissions québécoises, soit 36,5 Mt éq. CO2.» Ce secteur est un chantier pour le gouvernement, car pour la période de 1990 à 2019, «les émissions issues des transports ont augmenté de 34,6%».

Une mention honorable pour le Québec cependant, puisque la province obtient le deuxième rang en matière d’efficacité énergétique dans le classement général de la carte de pointage provinciale produite par Efficacité Énergétique Canada. La Colombie-Britannique se place première.

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