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Est-ce que les chats parlent aux oiseaux? 

Un chat à la fenêtre a une stimulation visuelle, mais peut être frustré de ne pas atteindre sa proie. Photo: Petra Richli/iStock

Si vous avez un chat, vous l’avez certainement déjà vu faire une drôle de gueule et émettre des sons étranges alors qu’il regardait un oiseau au loin, un peu comme s’il tentait de piailler comme un moineau. Alors, est-ce que les chats appellent leur proie comme les humains à la chasse callent l’orignal? Pas du tout!  

«On pense que les chats claquent des dents de cette façon lorsqu’ils regardent une proie qui leur est inaccessible», explique l’intervenante en comportement félin Alexandra Ricque. Elle précise cependant qu’aucune étude n’a été faite à ce sujet et qu’il s’agit donc de l’hypothèse la plus probable, émise il y a bientôt 40 ans.  

Ce phénomène, qui n’a pas de mot pour le décrire, n’est en effet pas observable quand le chat chasse une proie qui lui est accessible. Bien au contraire, l’animal sera alors parfaitement silencieux, avec la gueule fermée.  

L’hypothèse est d’autant plus logique que le chat qui fixe un oiseau haut perché ou au travers d’une fenêtre n’a pas non plus ce comportement-là pour attirer l’attention de son humain.e.  

Des chats frustrés 

«En fait, c’est une activité de déplacement, donc ce serait révélateur d’une anxiété sous-jacente, parce qu’il y aurait une certaine frustration de ne pas avoir accès à la proie ou au jeu», précise Alexandra Ricque.  

Autrement dit, il s’agit d’un mouvement involontaire que les chats font sans même s’en apercevoir et qui vise à remplacer l’activité souhaitée (en l’occurrence, attaquer une petite bête). C’est un peu comme les humain.e.s qui se rongent les ongles! 

«Ce comportement-là n’est pas mauvais en tant que tel, parce que ça reste quand même une certaine stimulation que de voir, entendre et sentir une proie potentielle», rassure l’intervenante en comportement félin. Le manque de stimulation est d’ailleurs la principale source de problèmes comportementaux chez les chats, ajoute-t-elle.  

Si ce claquement de dents – que l’Internet anglophone a baptisé «ekekek» – témoigne d’une certaine anxiété, celle-ci reste minime. C’est un peu comme la frustration qu’on peut ressentir en écoutant Les Chefs! tout en mangeant un sandwich ben plate.  

Faire plaisir aux petits chasseurs 

On peut tout de même satisfaire notre fidèle compagnon à poils en lui lançant un jouet ou quelques croquettes.  

«Le chat a la frustration de ne pas atteindre sa cible, mais on peut le rediriger sur quelque chose qu’il peut saisir, suggère la spécialiste. Dans sa tête, il est déjà en mode prédation; il a commencé sa séance de chasse. Donc si je lui lance une croquette, il va la mangera en ayant la satisfaction d’avoir attrapé quelque chose.» 

On n’est pas pour autant des tortionnaires si on le laisse simplement faire, à condition qu’on offre à notre chat toutes les stimulations dont il a besoin le reste du temps. Si c’est le cas, on a même le droit de rigoler un peu quand il fait son petit claquement de dents sans se laisser envahir par la culpabilité.  

«Je crois qu’on peut en rire un petit peu, tant qu’on est conscient d’où ça vient!», lance Alexandra Ricque.  

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