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Aider minou: le parcours d’une consultante en comportement félin

Laurence Grondin
Laurence Grondin, consultante en comportement félin. Photo: Alicia Casteras / Métro

Intervenir pour améliorer le comportement d’un chien, c’est habituel. Le faire pour un chat, est-ce peine perdue? Non, répond Laurence Grondin, une consultante en comportement félin qui intervient auprès des animaux afin de prévenir les abandons.

Ketchup est un chat normalement adorable. Mais depuis une infiltration nocturne de ratons laveurs dans la demeure, il était évident que quelque chose ne tournait pas rond. «Il était anxieux, il s’arrachait du poil et il sursautait au moindre bruit», raconte sa maîtresse, Dominique Jodoin, une résidente de LaSalle.

Dominique Jodoin avec au premier plan son chat Ketchup. Crédits: Métro/Alicia Casteras.

Comment faire pour aider son chat traumatisé? Pour répondre à cette question, Dominique a fait appel à Laurence Grondin, consultante en comportement félin.

Des centaines de chats

Ketchup n’est pas le seul chat à avoir besoin d’aide. Par l’entremise de son entreprise Feline Good, Laurence Grondin peut voir jusqu’à 25 félins par semaine. «Les trois motifs majeurs de consultation sont la peur, l’agressivité et les problèmes d’urine en dehors de la litière», explique celle qui a fondé son entreprise de consultation il y a quatre ans.

Comme pour les chiens, les félins ont des besoins essentiels à combler. Ce ne sont pas des objets, et ils vivent 15 ans en moyenne.

Laurence Grondin, Consultante en comportement félin.

Depuis le début de cette aventure, Laurence est intervenue auprès de 500 animaux placés en refuge ou en famille d’accueil. Elle collabore notamment avec le Refuge pour chats de Verdun et le refuge Animex de Verdun, qui recueillent, soignent, stérilisent, vaccinent et micropucent des chats abandonnés et placés dans des familles d’accueil en attendant qu’ils soient adoptés. La comportementaliste dénombre aussi 2000 clients particuliers.

Un amour qui perdure

Passionnée des félins depuis toujours, Laurence Grondin a commencé à faire du bénévolat au refuge Réseau secours animal de Rosemont il y a 12 ans. Elle y a vu passer de nombreux chats avec des troubles du comportement. Des bêtes tristement considérées comme «pas adoptables» alors que les refuges débordent d’animaux en attente de famille adoptante. «Je me disais que ce n’était pas possible que l’on ne puisse rien faire. Alors j’ai effectué des recherches sur l’étude des comportements félins, et j’ai commencé à suivre des cours sur internet. Puis ça a tellement fait une énorme différence avec les chats du refuge que mon chum m’a suggéré de lancer ma propre entreprise.»

C’est donc pour faire reculer la maltraitance et l’abandon des chats que Laurence Grondin, criminologue de formation, a finalement créé Feline Good. La Québécoise s’est formée aux États-Unis auprès de l’Association internationale des consultants en comportement animal et elle est désormais certifiée Entraîneuse félin professionnelle par le Guide des professionnels des animaux de compagnie.

Consultation avec des particuliers

Dominique Jodoin est convaincue que les efforts de Laurence Grondin portent leurs fruits. «Elle m’a donné plein de conseils et d’astuces pour redonner confiance à Ketchup et améliorer son comportement», raconte celle dont le foyer sert aussi de famille d’accueil pour le Refuge pour chats de Verdun. «Trois semaines après, on s’est reparlé pour une deuxième consultation, et ça s’était déjà beaucoup amélioré», poursuit-elle en caressant Ketchup, roulé en boule sur son arbre à chats.

Le succès est souvent au rendez-vous, mais Laurence Grondin assume aussi les limites de son action. «Quand quelqu’un me dit: “J’ai cinq chats qui se battent ensemble dans mon 3 et demie”, je lui réponds tout de suite que je ne vais pas pouvoir l’aider puisque c’est nécessaire d’avoir une pièce pour les séparer.»

Je ne peux pas faire des miracles. Il faut que l’environnement soit sain pour mettre le chat en situation de réussite.

Laurence Grondin, Consultante en comportement félin.

La consultante est d’avis qu’au Québec il y a un manque général d’éducation en matière de comportement animal, notamment en ce qui concerne les chats. «Il y a des maîtres qui sont en dépression, car ils ne trouvent pas de solution pour que les différents animaux s’entendent entre eux. Mon travail, c’est parfois aussi d’amener à analyser que la seule solution, c’est la relocalisation de l’animal.»

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