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Quarante ans passé et toujours en coloc

Photo: Montage Métro

Avec ses joies, ses frustrations et ses partys mémorables, la colocation est souvent associée à la vie de jeune adulte. Or, alors qu’avec les années plusieurs décident de vivre seul.e.s ou en couple, d’autres font le choix de prolonger le bail. Rencontre. 

Patrick Aubert, 45 ans, et Miguel Doucet, 44 ans, vivent en colocation depuis 13 ans. Ayant d’abord habité dans un 4 ½, ils ont ensuite déménagé dans un 5 ½ afin d’avoir leur espace et parce qu’en divisant le loyer en deux, ils pouvaient se le permettre.  

Patrick a commencé la coloc en 1996, lorsqu’il a déménagé de Québec à Montréal pour suivre des études en cinéma. Après avoir partagé son logement avec quelques colocataires qui l’ont quitté pour aller vivre en couple, il s’est finalement retrouvé seul. Pour être capable de payer son loyer, il était obligé de travailler plus et surtout, il commençait à trouver le temps long. C’est à ce moment-là que Miguel, son ami qui venait de se faire évincer de son appartement du Plateau, a déménagé à Verdun pour vivre avec lui.  

Une bonne entente 

Treize ans plus tard, les deux amis s’entendent toujours aussi bien. La clé pour que ça fonctionne? Une bonne communication, un respect mutuel et un logement assez grand pour que chacun puisse profiter de son propre espace quand il a besoin de solitude.  

«En ce qui concerne les tâches ménagères, c’est clair qui fait quoi, et on fait chacun les tâches qu’on préfère, ajoute Patrick. Chacun fait sa vaisselle au fur et à mesure après chaque repas. Les règles sont claires et sont respectées.» 

Même s’ils ne passent pas tout leur temps ensemble, avoir des passions en commun leur a également permis d’enrichir leur amitié et leur expérience de colocation par le fait même. Travaillant tous les deux dans le milieu des arts, ils aiment beaucoup «découvrir des vinyles, découvrir de la musique, cuisiner, partager des repas et recevoir des amis», raconte Patrick. Ils ont d’ailleurs en partie les mêmes ami.e.s, ce qui leur permet de passer facilement du temps tous ensemble. Ils connaissent même leurs familles respectives.  

Isolés ensemble 

Si la cohabitation en temps normal fonctionne très bien pour eux, qu’en était-il pendant la pandémie? Ont-ils réussi à ne pas se taper sur les nerfs?  Eh bien, oui! «On faisait chacun notre 9 à 5 de notre bord, après ça on se rejoignait pour le souper, on faisait de la popote, puis après ça on écoutait un film, témoigne Patrick. Durant la pandémie, on en écoutait un chaque jour.» La colocation leur a d’ailleurs permis d’éviter de se retrouver complètement isolés. «Pendant la pandémie, avoir une présence, pouvoir parler, a énormément aidé, explique ainsi Miguel. Je n’étais pas seul à me morfondre, à m’inquiéter.»  

«Êtes-vous certains que vous n’êtes pas en amour?» 

Au fil des années, Patrick et Miguel ont eu droit à toutes sortes de questions et de remarques de la part de leur entourage: «tu es encore en colocation à ton âge!», «tu es sûr que vous n’êtes pas en couple?». 

«Oui, je vis en coloc, c’est un choix. Et non, Pat, ce n’est pas mon chum», répond Miguel, qui s’est aussi fait dire par ses parents qu’il ne serait pas vraiment un adulte tant qu’il ne serait pas propriétaire.  

«Ça me blesse qu’on ne porte pas le même regard sur moi que sur les gens qui investissent dans l’immobilier, confie-t-il. Je suis dans le milieu des arts, qui est un domaine assez précaire. Les salaires ne sont pas immenses, je n’ai pas les assurances ni ce qui vient avec. J’aime mieux vivre en colocation pour me donner une belle qualité de vie, j’ai l’appart que j’aime, j’ai des ami.e.s que j’aime et je fais quand même ce que je veux.» 

Puisque ce mode de vie leur convient, les deux amis ont-ils l’intention de continuer à vivre ensemble lors de la prochaine décennie?  

Pour sa part, Patrick est ouvert à l’idée d’habiter seul et est même tenté, pourquoi pas, d’acheter. Ce n’est pas sa priorité, mais si Miguel décidait un jour d’aller vivre ailleurs, il n’envisagerait toutefois pas d’avoir un autre coloc que lui. De son côté, Miguel n’envisage pas de déménager dans un futur proche. «Je me sens tellement chez moi», souligne-t-il. 

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