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Locataires pis fier.ères de l’être 

Métro a rencontré cinq Montréalais.es qui ont fait une croix sur un passage chez le notaire.
Métro a rencontré cinq Montréalais.es qui ont fait une croix sur un passage chez le notaire. Photo: iStock

Vous ne l’apprendrez pas ici: le prix des logements a atteint un sommet dans les dernières années. Bien que certaines personnes soient prêtes à ajuster leur budget pour arriver à porter le titre de propriétaire, d’autres font le choix délibéré de rester locataires. Métro a rencontré cinq Montréalais.es qui ont fait une croix sur un passage chez le notaire. 

La proximité pour aider 

Emilka Piszczek / Josie Desmarais/ Métro

Emilka Piszczek est à Lachine, dans son 4 ½, depuis presque quatre ans.  

«[Je m’y suis installée] à cause de mon amie, car elle est une mère monoparentale et sa fille est atteinte d’autisme. Mon amie n’a pas de voiture, donc je suis déménagée à Lachine pour l’aider quand elle en a besoin.»  

La locataire de 35 ans constate qu’elle n’aurait pas pu acheter une maison dans le patelin et être aussi près de ses proches qu’elle l’est en ce moment. 

Elle s’entend très bien avec ses propriétaires et compte rester longtemps dans son appartement. Ses proprios n’ont d’ailleurs pas augmenté son loyer dans les dernières années, pour tenir compte de la pandémie. Raison de plus pour ne pas bouger! 

Éviter l’entretien  

Lise Boulanger / Josie Desmarais/ Métro

Lise Boulanger, 59 ans, habite à Lachine depuis 21 ans. Partie de l’Abitibi pour venir travailler à Montréal, elle a choisi ce quartier pour les espaces verts généreux où ses jeunes enfants allaient pouvoir lâcher leur fou.  

En tant que mère monoparentale, elle ne pouvait se permettre d’avoir une maison, car elle considérait l’entretien trop prenant à elle seule : «Il y a bien des trucs que je ne pouvais pas faire par moi-même. C’est pour ça que j’ai préféré être en logement», explique-t-elle. 

«Parmi les points positifs qui me plaisent: je paye mon loyer et c’est terminé, j’ai pas de taxe à payer, j’ai pas d’extras [NDLR: qui occasionnent des frais surprises] qui se produisent. S’il y a un bris majeur ou quoi que ce soit qui survient, j’appelle le propriétaire, puis c’est sa responsabilité, donc moi je paye mon loyer et ça s’arrête là», se réjouit la dame. 

Moins d’anxiété 

Cindy Ménard / Gracieuseté

Cindy Ménard, 36 ans, a souvent habité LaSalle dans les dernières années, mais y a trouvé son appart idéal il y a un an.  

Elle vit dans un 5 ½ avec son conjoint et leur fille. Pourquoi LaSalle? Parce que le coin offre un heureux mélange de proximité avec les services et de tranquillité de la banlieue. Pour Cindy, l’idée d’être propriétaire est «anxiogène», surtout dans le contexte actuel. Elle compte rester longtemps dans son logement actuel.  

«Il y a bien du monde qui me disent qu’être locataire, c’est comme lancer de l’argent par les fenêtres, mais pour moi, c’est comme acheter la paix d’esprit. Si quelque chose brise, j’appelle mon propriétaire, lui s’occupe de trouver un réparateur de confiance et de payer les frais», explique-t-elle.  

Avoir le temps d’avoir du temps 

Stéphanie Alcaraz Robinson / Gracieuseté

Stéphanie Alcaraz Robinson, Verdunoise de 41 ans, a toujours été locataire et compte le rester pour pouvoir gérer son temps comme bon lui semble : «De ma perception, c’est beaucoup plus qu’un investissement financier, c’est un investissement de temps et ça ne m’intéressait pas du tout de passer mes fins de semaine à tondre le gazon», dit-elle en entrevue avec Métro

«Ma mère s’est acheté une maison quand j’avais 16, 17 ans puis à partir de ce moment-là, j’ai remarqué à quel point c’était demandant d’avoir une maison. Pas juste pour des raisons financières, mais aussi à cause des rénovations, des réparations, des choses qui boguent, du terrain, de l’entretien», énumère Stéphanie. 

Celle qui aime prendre le temps de relaxer, de faire de l’art, de flâner sur la Well – piétonne pendant l’été – et de partir en roadtrip la fin de semaine affirme être jugée par rapport à son statut de locataire.  

«Il y a tellement de jugement […] On dirait que dès qu’on arrive à un certain âge, comme là j’ai entamé la quarantaine, les gens disent: “T’as l’âge, t’as l’argent, tu pourrais te prendre une maison?” Non, ce n’est pas dans mes valeurs», dit la Verdunoise en riant. 

Vivre dans le présent 

Patrick Aubert / Gracieuseté

Actuellement dans la quarantaine, Patrick Aubert vit à Verdun depuis 20 ans. Il a réalisé alors qu’il était jeune adulte qu’il ne voulait pas attendre la retraite pour réaliser les projets qui lui tiennent à cœur.  

Lorsque son père est décédé de la COVID-19 à 71 ans, avant qu’il ait pu profiter de ses économies pour concrétiser ses plans de retraite, son choix de vivre dans le présent, de profiter de son argent maintenant, s’est confirmé.  

«Je ne pense pas qu’on puisse tout faire à notre retraite. Il y a des choses qu’on doit vivre aujourd’hui», comme partir en voyage sur un coup de tête. Par contre, comme le souligne Patrick, «c’est un peu facile de penser comme ça [de vivre au jour le jour] quand tu n’as pas d’enfants, pas de conjoint, pas d‘auto». Il admet donc pouvoir se permettre ce mode de vie spontané, car ses choix de vie impliquent peu de responsabilités. 

Le Verdunois est d’ailleurs jugé, notamment par rapport à ses avoirs en vue de la retraite, mais affirme mettre de l’argent de côté, et même investir dans des placements, afin de garder son mode de vie à long terme. 

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