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Des patronnistes expérimentés demandés

Alors que le milieu manufacturier et celui de la mode ont souffert ces dernières années de nombreuses pertes d’emplois alors que la production était déplacée vers des pays émergents comme la Chine, les petites entreprises et les designers québécois crient au secours. Malgré la croyance populaire voulant que le milieu de la mode soit saturé et sans avenir, un important manque de patronnistes, d’échantillonneuses et à la limite de couturières sévit au Québec, ce qui rend la production locale de plus en plus difficile pour les entreprises d’ici.

Christiane Garant, desi­gner principale et propriétaire de la maison de couture Myco Anna, se demande même combien de temps elle pourra encore maintenir sa production à Québec, avec si peu de main-d’Å“uvre qualifiée. «Québec est plus touché que Montréal, où beaucoup de femmes immigrantes expérimentées ont pris le relais de la production. Mais en général, nous sommes vraiment en train de perdre notre expertise au Québec, et lorsqu’il y aura un retour de la production vers le Québec, la pénurie de main-d’Å“uvre qualifiée sera extrême.»

Métier sous-estimé et mal-aimé
L’École des métiers des Faubourgs est la seule école publique à offrir une formation en dessin de patron dans la région de Montréal. Pour Réjean Dubois, conseiller en formation scolaire, bien que le métier offre de très bonnes perspectives d’emploi à l’heure actuelle, la pénurie n’est pas encore marquée.

«Malgré le fait qu’Emploi-Québec considère que le milieu est saturé, au moins les deux tiers de nos quelque 30 finissants chaque année réussissent à travailler dans leur domaine. Je n’ai pourtant pas l’impression qu’il faudrait en former plus, et même si on voulait, certaines années, nous réussissons à peine à remplir nos classes. Le côté pratique de la mode semble moins intéresser les jeunes.»

Selon Christiane Garant, ce n’est peut-être pas une question de quantité de gens formés que de qualité de la formation donnée. Une vision idéalisée de la mode sévit chez les jeunes qui étudient le design de mode. «La plupart d’entre eux s’imaginent qu’ils auront leur propre collection un jour ou qu’ils dessineront pour une grande entreprise. Tout ce qui est couture, patron et coupe est considéré comme un sous-métier. Et même dans les écoles, l’emphase n’est pas assez mise sur les aspects techniques. Il faudrait que les jeunes soient mieux formés pour le travail en entreprise et que la formation soit plus adaptée à nos besoins.»

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