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Cendrillon chausserait des Manolo

Si elle devait aller au bal aujourd’hui, Cendrillon troquerait ses pantoufles de verre contre des Manolo Blahnik! Sex and the City et la styliste Patricia Field, à qui l’on doit l’allure extravagante de Sarah Jessica Parker, ont opéré une petite révolution du côté des accessoires.

En moins d’une décennie, les chaussures sont passées d’éléments utilitaires à icônes. Et des créateurs comme Jimmy Choo, Stuart Weitzman, Chie Mihara et Christian Louboutin sont définitivement sortis de l’anonymat.

De plus en plus – et pas seulement sur les passerelles ou les tapis rouges, dans la rue aussi -, on ose aux pieds la couleur, les imprimés déjantés et les formes uni­ques. Même que depuis quelques saisons, les designers ont emboîté le pas, raccourcissant les ourlets afin de bien mettre les chaussures en valeur.

Pour cette orgie créative, on peut bien sûr dire merci aux concepteurs de la série Sex and the City, qui ont mis la chaussure sur la «mappe» des accessoires de mode, estime Sue Saunders, du London College of Fashion. «Cet engouement des médias a éduqué la nouvelle génération au pouvoir de séduction des chaussures, fait-elle valoir. Il a aussi été exacerbé par les détaillants, qui reproduisent rapidement les styles vus dans les défilé et les offrent à des prix abordables.»

Le jeune designer de chaussures Jérôme Rousseau, qui a lancé sa griffe éponyme il y a quelques mois seulement, va plus loin. «Les chaussures ont un petit côté magique, estime-t-il. Leur pouvoir, c’est que les femmes peuvent se sentir spéciales en les portant.»

Selon lui, on maximise cet effet en chaussant des talons hauts colorés. «J’aime beaucoup les talons hauts, dit-il. Les femmes sont très sensuelles quand elles portent des talons; ça allonge la jambe d’une façon incroyable, ça change la posture, et même l’humeur, je crois.»

Le confort d’abord
Mais avant de jeter son dévolu sur ces magnifiques escarpins à im­primé vichy, encore faut-il pouvoir les porter sans souffrir. «Il n’y a rien d’élégant à porter une chaussure avec laquelle on n’est pas capable de marcher, fait valoir Jérôme Rousseau. Ça enlève toute la magie!»

Certains détails techniques permettent aussi d’améliorer le con­fort, explique le designer. «Tout est une question d’équilibre et de détail : position du talon, courbe de la chaussure, matelassage des semelles…»

Du côté des agencements, les vieilles règles sont complètement éclatées, observe la professeure en design de mode au cégep Marie-Victorin Nathalie Roy. «Aujour­d’hui, on ne veut plus que la chaussure soit de la même couleur ou dans le même fini que le sac, insiste-t-elle. Il faut oser les contrastes.»

Pour les prochaines saisons – même pour l’automne 2009 -, il semble que les créateurs joueront la carte de l’optimisme, avec des collections aux couleurs de l’arc-en-ciel. «Les règles sont là pour être brisées, renchérit Mme Saunders. Plus que jamais, la mode reflète les goûts personnels, et en particulier en cette période d’incertitude économique.»

  • Des noms à retenir
    Originaire du Lac-Saint-Jean, Jérôme
    Rousseau a lancé sa collection éponyme, qui est déjà distribuée sur
    quatre continents (notamment en Amérique du Nord, au Canada, chez Holt
    Renfrew), l’automne dernier. Sa marque distinctive : la sobriété
    glamour. «J’ai toujours voulu faire des choses qu’on remarque, mais
    avant tout, je privilégie la simplicité.»

    Parmi les autres jeunes
    créateurs prometteurs, on remarque la Canadienne Tracey Neuls, Nicholas
    Kirkwood, Georgina Goodman, Mootich by Katarina Mutic, Rupert
    Sanderson, Beatrix Ong et Camilla Skovgaard.

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