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Duro Olowu: La vie après un mégasuccès

Kenya Hunt - Metro World News

Regardez bien les imprimés ethniques dans votre boutique préférée; vous y verrez peut-être l’influence de Duro Olowu. Le designer nous parle du cours qu’a pris sa carrière après ses débuts fracassants.

Le nom de Duro Olowu vous est peut-être inconnu, mais il y a fort à parier que ses créations, elles, vous disent quelque chose. Dans sa toute première collection, lancée en 2005, figurait une robe à imprimés en soie aux couleurs éclatantes qui a connu un tel succès qu’on l’appelle aujourd’hui simplement «la Duro». Elle est si légère, si élégante et si flatteuse pour la silhouette que les chroniqueurs de mode du monde entier l’ont désignée Robe de l’année en 2005. Des magasins à grande surface aux petits vendeurs de rue, tout le monde en a voulu. Et les imitations, loin de banaliser la création originale, si novatrice, l’ont rendue encore plus populaire.

Vos racines nigérianes et jamaïcaines ont une grande influence sur votre travail. Pouvez-vous nous parler de votre enfance?

Hé bien, je suis né au Nigeria. Avec ma famille, nous allions de temps en temps à Londres, où nous achetions des pantalons à pattes d’éléphant et des chemises en coton écru. J’aimais beau­coup Jimi Hendrix et les Jackson 5, tandis que mes parents écoutaient plutôt Ella Fitzgerald et Nina Simone. Nous partions souvent en vacances à l’étranger, et ma mère en profitait pour acheter de la soie, qu’elle confiait à son couturier quand nous rentrions à la maison. Les créations de cet homme ont eu une grande influence sur moi. Ma mère aimait aussi mélanger les vêtements nigérians et européens. C’est ainsi que, très jeune, j’ai compris que ce qui manquait, en Afrique, c’était ce genre de soie souple. Au Nigeria, tous les vêtements étaient faits à partir de tissus assez raides, comme le coton. J’ai grandi avec une obsession : troquer ce coton contre la soie.

Mais vous avez étudié le droit. Qu’est-ce qui vous a conduit à la mode?

D’abord, je dois dire que mes frères et sÅ“urs aînés ont tous été envoyés à Londres et qu’ils y ont tous fait les fous. (Rires) Je n’ai ja­mais raconté ça à personne. Considérant cela, je me suis dit que le seul moyen pour moi d’aller à Londres était d’y aller pour étudier le droit – je savais que mon père ne paierait jamais pour m’envoyer à l’école de mode Central Saint Mar­tens. Quand mes parents me rendaient visite en Angleterre, j’enlevais tous les magazines de mode de ma chambre et j’emprun­tais des livres de droit à un camarade. (Rires) Après mes études, j’ai fait mon service militaire au Nigeria, puis je suis parti à Paris, où j’ai travaillé comme illustrateur de mode. J’y ai aussi rencontré de nombreuses personnes, dont Azzedine Alaïa. Ensuite, durant sept ans, j’ai complété mon apprentis­sage et j’ai amorcé ma carrière. Ça m’a pris du temps.

Votre célèbre robe a été copiée maintes et maintes fois. Qu’en pensez-vous?

Je trouve ça bien d’avoir pu influencer les choses. C’est flatteur. Ça ne me dérange que quand c’est mal fait. Et c’est aussi parfois un peu dur, parce que je suis pro­priétaire à 100 % de mon entreprise. Mais le fait qu’il existe une robe qui porte mon nom demeure pour moi extraordinaire. C’est un privilège.

Avez-vous eu l’impression qu’on s’attendait à ce que vous soyez sans cesse à la hauteur du succès qu’a connu votre création?
Vous savez, le vrai plaisir, pour moi, est de préparer un défilé et d’essayer de faire passer mon message en 15 minutes. Il y a tou­jours de la pression, mais je n’ai plus 23 ans non plus. Je connais maintenant la chanson.

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