Quand briques et verdure font équipe àToronto
Autour de nous, des fleurs, quelques légumes tardifs, des bancs pour profiter du paysage et de l’air frais. À Toronto, il suffit de monter quelques étages pour découvrir la Ville Reine teintée de vert.
Au cinquième étage du bâtiment centenaire appelé Le 401 Richmond, restauré dans les années 1990, on découvre un autre monde : un grand jardin, des tables, des chaises, des vignes accrochées à des tonnelles… Quand Mike Moody, gestionnaire de l’immeuble et passionné de jardinage, a commencé à verdir le toit de l’édifice pour son plaisir, en 1995, il était loin de se douter que son initiative, marginale à l’époque, allait faire des petits. Aujourd’hui, ce sont plus de 135 toits à travers la ville qui ont tourné au vert, pour une surface de 36 517 m2, incluant autant des espaces privés que publics.
«Les toits verts font beaucoup parler ici. Non seulement le programme Eco-Roof Incentive incite les propriétaires des bâtiments existants à verdir leur toit, mais en plus, en 2009, Toronto est devenue la première ville en Amérique du Nord à adopter une loi – Green Roof Bylaw – qui exige des promoteurs qu’ils incluent un toit vert à leur bâtiment s’il excède une certaine superficie», explique Crystal Luxmore, co-initiatrice de la compagnie Walk TO, qui offre divers tours guidés à travers la ville.
C’est l’automne et pourtant, l’entreprise voit toujours ses tours des toits verts se remplir rapidement grâce aux groupes d’étudiants qui s’intéressent au développement durable, aux touristes curieux ou aux propriétaires d’immeubles qui veulent prendre exemple.
Changement de plans
On connait désormais les bénéfices des toits verts : influences positives sur les changements climatiques, diminution de la chaleur urbaine, récupération de l’eau de pluie, amélioration de la qualité de l’air, refroidissement des bâtiments pendant l’été et isolation pendant l’hiver. Mais le phénomène, à Toronto, va au-delà de ces considérations, puisque lorsque les toits sont accessibles aux utilisateurs, ils font figure de pièces supplémentaires: les travailleurs y lunchent, les habitants y lisent et les restaurateurs y récoltent des légumes. C’est le cas du restaurant EPIC, au Fairmont Royal York, qui fait pousser sur le toit de l’hôtel les légumes et les herbes nécessaires à sa cuisine.
Cet engouement pour les toits verts modifie la vie des Torontois, mais aussi le travail des architectes, observe Jeff Ranson, consultant en développement durable pour Toronto. «Les toits, avec la terre, les plantes et le poids de l’eau absorbée lors des pluies, peuvent devenir très lourds. Au moment de la conception, il faut s’assurer que la structure pourra soutenir tout ça!»
C’est sans parler du système de drainage de l’eau qui doit être bien pensé. Même chose du côté des bâtiments déjà existants qui doivent être analysés avant l’installation d’un toit vert.
Sur demande, pendant l’hiver, Crystal Luxmore peut aussi faire des visites de toits, même «s’il y a alors moins de chose à voir». Pourtant, pourquoi ne pas utiliser les toits pour diverses activités hivernales? Toronto pourrait alors vanter ses nombreux toits verts, mais aussi ses toits… blancs.
Toronto
Quelques toits verts qui font jaser :
- Mountain Equipment Coop
- City Hall Podium
- York University et Ryerson University
- Fairmont Royal York
- Metro Toronto YMCA (on donne des cours de yoga sur le toit)