Soutenez

Libérez-vous de vos secrets

Y a-t-il quelque chose dont vous avez honte? Quelque chose que vous ne voulez pas que les autres sachent à votre sujet?

Nous avons tous des secrets. Je ne pense pas ici aux mensonges que certaines personnes racontent afin d’éviter les conséquences d’un acte illégal ou d’une liaison illicite. Non, je fais plutôt référence aux secrets que nous taisons parce que nous sommes gênés ou honteux; aux secrets que nous cachons afin de protéger notre image ou notre réputation.

Diriez-vous aux autres que vous avez déjà fait faillite ou que vous avez souffert d’une maladie mentale? Parleriez-vous de votre dysfonction érectile? Que diriez-vous à vos collègues à votre retour au travail après une absence de six mois en raison d’un burnout?

Est-ce que les secrets doivent être dévoilés? Je crois que la réponse est sans grande importance. Pour la plupart des gens, il s’agit d’un choix personnel. Certains ne se préoccupent pas vraiment de ce que leur entourage pense, alors que d’autres sont mortifiés à l’idée de voir leur secret révélé. Ils peuvent choisir de se taire par crainte d’être embarrassés ou d’être victimes de discrimination. Il arrive des moments, cependant, où même ces individus seraient mieux de se libérer de leur secret.

Le bon moment pour parler

Monsieur C. était un patient qui souffrait de la maladie de Parkinson. Il souhaitait continuer à travailler avec la même intensité et était déterminé à minimiser les effets de la maladie sur ses activités. Ne voulant pas être traité de manière différente, il cacha sa maladie à ses associés. Il adopta plusieurs stratégies, dont celles de faire coïncider sa prise de médicaments avec les réunions et d’utiliser un dictaphone afin de dissimuler son écriture qui se détériorait.

Ces astuces fonctionnèrent pendant un certain temps, jusqu’à ce que la maladie progresse au point de faire apparaître des symptômes évidents. C’est à ce moment que je lui ai suggéré d’envisager de dévoiler son secret. Je lui ai demandé de comparer ce que les gens penseraient s’ils savaient la vérité – qu’il avait une maladie n’affectant ni son cerveau ni sa capacité à contribuer au succès de l’entreprise – à ce qu’ils penseraient s’ils émettaient leurs propres hypothèses : «Est-il en train de perdre la tête? Peut-il encore faire son travail?» Monsieur C. décida qu’il était temps de parler.

La réalité plutôt que l’imagination

Gardez tous les secrets que vous voulez. Cependant, n’oubliez jamais à quel point l’imagination est un terreau fertile. En conservant le secret alors que les gens commencent à suspecter quelque chose, vous laissez le champ libre à leur imagination débridée.

Dans de tels cas, les dommages potentiels causés par leurs hypothèses risquent d’être pires que le fait de leur apprendre la vérité. Dévoiler votre secret pourrait donc dans certains cas minimiser les conséquences négatives.

En prime, vous pourriez y gagner un certain respect et une bonne dose de compréhension. C’est ce qui est arrivé à Monsieur C.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.