Le programme de procréation assistée profite au privé
C’est le secteur privé, et non les patientes, qui bénéficie du programme de procréation assistée mis en place par le gouvernement, selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).
Le programme, en vigueur depuis août dernier, se consacre à financer les cliniques privées plutôt que de créer une expertise publique, d’après l’auteure de la note publiée mercredi, Julie Depelteau. «Les cliniques sont subventionnées pour la fécondation in vitro elle-même, a-t-elle affirmé. Mais lorsqu’il s’agit de faire le suivi de la grossesse et d’accoucher des patientes, celles-ci sont renvoyées dans le public.»
De plus, les coûts du programme de procréation assistée auraient été sous-estimés. Si le programme suscite des économies sous certains aspects (en réduisant le nombre de grossesses multiples, par exemple), les économies qu’il permet de réaliser ne permettent pas de contrebalancer les coûts engendrés, selon Julie Depelteau.
Il y a peu de spécialistes dans le public, c’est pourquoi les femmes se tournent vers le privé où les soins sont plus sélectifs. «Le privé a le monopole sur le programme de procréation assistée, a déclaré Mme Depelteau. Les services offerts se retrouvent à 75% dans les cliniques privées.»
Le cas de l’avortement démontre que la santé reproductive des femmes gagne à être un service intégré au secteur public, selon Mme Depelteau. «Une réorganisation vers le secteur public a permis de règler le problème d’accessibilité de l’avortement, a-t-elle souligné. Les cliniques privées se concentrent à Montréal, tandis que le système public est implanté dans toutes les régions du Québec. Le programme de procréation assistée devrait s’inspirer de ce concept.»