Efficacité énergétique, où en sommes-nous?
Aujourd’hui, les ingénieurs sont capables de modéliser la consommation d’énergie d’un bâtiment avant même que les maçons n’en aient posé la première pierre. Il est donc possible de déterminer avec précision les éléments énergivores de nos maisons.
Ainsi, Éric Le Couédic, directeur de l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie (AQME), peut affirmer que les enveloppes extérieures des constructions actuelles (isolation, toiture, fenestration…) offrent une bonne efficacité énergétique. Par contre, il montre du doigt les équipements intérieurs comme les systèmes de chauffage. «Une maison unifamiliale va consommer en moyenne 26 000 kWh par an, cite-t-il en exemple. 50 % de cette énergie est utilisée pour chauffer l’air et 20 % pour chauffer l’eau.» Il verrait donc d’un très bon Å“il l’élimination des plinthes électriques et leur remplacement par des systèmes de chauffage géothermique.
Louis Vincent, co-fondateur de TST systèmes énergie, abonde dans le même sens. Selon ce consultant en efficacité énergétique, la géothermie est vouée à se généraliser. «Il faut savoir qu’une plinthe électrique produit 1 kW de chaleur pour chaque kW consommé. Un système géothermique, lui, va en rendre trois pour chaque kW consommé. Et puis, le confort est incomparable!» ajoute cet utilisateur convaincu.
Autre solution porteuse pour diminuer l’empreinte énergétique du Québec : investir dans l’énergie solaire. «Les gens croient souvent que l’énergie solaire n’est pas rentable dans un pays nordique, alors que c’est le contraire, soutient Éric Le Couédic. Les belles journées d’hiver, quand il fait -30°C, sont excellentes pour exploiter cette énergie.» À ce sujet, Louis Vincent évoque l’exemple ontarien. En vertu du Programme de tarifs de rachat garantis, la province s’engage à acheter à prix fixe l’énergie produite par un système photovoltaïque. «Ce genre d’initiative va faire baisser le coût de production de cette énergie et la rendre plus abordable à terme.»
Dans un autre registre, un moyen d’augmenter l’efficacité énergétique des constructions québécoises serait de hausser les normes en vigueur. Actuellement, le Code du bâtiment impose des normes relativement basses, mais la situation pourrait bientôt changer. L’Agence de l’efficacité énergétique (AEE) a récemment fourni à la Régie du bâtiment des recommandations dans ce sens. «Sur le terrain, on nous a indiqué la nécessité de rehausser les normes, indique Luce Asselin, présidente-directrice générale de l’AEE. Nous avons mené des consultations auprès des professionnels et avec nos partenaires pour aboutir à des recommandations qui circulent maintenant dans les différentes instances.»
Sans vouloir dévoiler le contenu de ces recommandations, Luce Asselin déclare tout de même que, selon elle, appliquer des normes similaires à ce qui se pratique pour un projet Novoclimat serait un minimum. Novoclimat est un programme de l’AEE qui, en échange d’une aide financière, impose aux constructeurs de respecter un certain niveau d’efficacité énergétique. Sur le site de l’agence, on peut lire qu’un tel projet permet 25 % d’économies d’énergie, pour un surcoût estimé entre 1 et 3 %. «C’est un minimum à atteindre, d’autant que ce programme a montré qu’il fonctionnait très bien» estime Luce Asselin. Depuis 2000, plus de 23 000 projets ont reçu la certification Novoclimat.
Sur la Toile
Pour en savoir plus sur les différents programmes et aides financières :
- Sur le plan provincial, le site internet de l’Agence de l’efficacité énergétique
- Sur le plan fédéral, celui de l’Office de l’efficacité énergétique
Pour en savoir plus sur l’énergie et sa consommation :
- La section «énergie» du site du ministère des Ressources naturelles et de la faune
- La section «publications et références» du site de l’Association pour la maîtrise de l’énergie