D'art et de lumière
Parapluies, barreaux de chaise, pieds de porte-manteaux, morceaux de palette… L’Atelier du Pic Bois (recycle), c’est avant tout un endroit où on ouvre grand les yeux pour se donner le temps de découvrir toutes les nu-ances, toutes les textures, toutes les formes de bois sculpté réunis dans cet antre de la rue Parthenais.
Artiste récupérateur, Laurent Loison trouve sa matière première dans les objets oubliés, cassés ou vieillis. «Mon travail consiste à transformer de la matière manufacturée et abandonnée en objets utilitaires et décoratifs, explique-t-il. À mes débuts, je travaillais avec du bois de palette; j’ai arrêté parce que ça demandait beaucoup de travail. J’ai alors cherché d’autres sources pour me procurer du bois, et c’est là que j’ai trouvé le filon des parapluies.» Le filon? «Je me suis demandé ce que la STM faisait des objets trouvés, et j’ai appris qu’au bout d’un certain temps, ils étaient jetés ou donnés des OBNL. Tous les trois mois, je vais comme ça récupérer de 120 à 150 parapluies à la STM.»
Cette matière abondante lui a permis de créer toute une collection d’objets qui se répondent les uns aux autres. Dans les mains de l’artiste, la canne d’un parapluie sert par exemple de patère pour un porte-manteau. La toile du parapluie, elle, montée sur un pied de porte-manteaux, se transforme en abat-jour qu’on peut ouvrir ou fermer en fonction de la luminosité desirée.
C’est ce mélange d’ébénisterie et de luminaires qui lui a inspiré son dernier projet, celui de créer, sur commande, des ambiances lumineuses. «Je propose aux gens d’illuminer leurs soirées, que ce soit des particuliers pour une soirée calme et romantique, ou une compagnie d’événementiel pour un cocktail.»
Il a ainsi créé une ambiance chaleureuse et feutrée pour la soirée d’ouverture du Théâtre au Cube, toute nouvelle salle de spectacle du Plateau. Le groupe Caloon Saloon a également fait appel à lui, l’été dernier, pour le lancement de SON dernier album au bar du Cheval Blanc.
De la cuisine à l’atelier
Chez Laurent Loison, la passion de l’ébénisterie a coïncidé avec son immigration au Québec. Ce Lyonnais de 42 ans, naturalisé canadien, a passé la première partie desa vie dans les cuisines des pâtisseries françaises, avant de s’intéresser au travail du bois lors de son arrivée au pays, en 1998. Le passage de l’un à l’autre, pour lui, s’est fait tout naturellement. «La pâtisserie, raconte-t-il, est un art qui consiste à travailler la matière, à la modeler pour créer un nouvel objet. Avec l’éco-design, c’est ce que je fais : je cherche le point de fusion de plusieurs pièces qui ne demandaient pas forcément à être réunies.»
Atelier du Pic-Bois (recycle)
2205, rue Parthenais
514 510-1393