Soutenez

L'agrile du frêne, un risque pour la valeur des propriétés

Si l’agrile du frêne devait étendre son emprise sur Montréal, entraînant des pertes massives de frênes, la perte de valeur foncière pourrait être non négligeable pour les propriétaires.

Selon une présentation faite la semaine dernière à des spécialistes Montréalais, la diminution de valeur des propriétés pourrait être de 1% à 15%. Ces chiffres, tirés des précédents cas vécus dans plusieurs villes des États-Unis et de l’Ontario, varient notamment en fonction du nombre d’arbres coupés dans chaque quartier. Or, dans certaines rues montréalaises, on a planté des enfilades de frênes. Ainsi, dans un arrondissement comme Rosemont-La-Petite-Patrie, 33% des arbres de rue sont de cette essence.

Depuis la découverte de cet insecte en juillet, le nombre de sites Montréalais d’infestation est passé à quatre – potentiellement cinq – du sud au nord de l’île. Les autorités estiment avoir environ deux ans pour agir avant que l’accroissement de cet insecte capable de pondre 90 œufs par année ne devienne exponentiel.

Pour  ceux qui se demandent quelles peuvent être les conséquences d’une prolifération de cet insecte ravageur exotique, le directeur des ventes d’Arborjet, Rob Gorden, a pris des photos révélatrices. M. Gorden, dont l’entreprise est basée au Massachussetts, en a vu, des quartiers dévastés. Il vend un pesticide détruisant l’insecte qui pond ses larves sous l’écorce, des larves capables de faire mourir un arbre en moins de cinq ans.

«Chaque fois qu’une ville décide de faire de l’abattage massif, ça change le voisinage de façon dramatique, explique M. Gorden. Les gens sont en même temps découragés par le nouvel aspect du quartier et furieux en raison de la perte de valeur de leur maison. Même si de nouveaux arbres sont plantés, il faudra attendre de 20 à 30 ans avant qu’ils ne deviennent ma­tures.»

Les arbres ont plusieurs vertus permettant d’augmenter la valeur d’une propriété. Ils contribuent à réduire les îlots de chaleur causés par la bétonisation, assainissent l’air en captant la pollution et la poussière et réduisent la pollution so­nore.

«Face à l’agrile, les villes font souvent l’erreur de privilégier l’abattage massif, alors que les pesticides donnent de très bons résultats pour beaucoup moins cher», explique M. Gorden. Selon ses propres données, pour une ville ayant le personnel qualifié, le traitement re­vient à 53 $ par arbre et dure deux ans, alors que l’abattage, le reboisement et l’entretien coûtent entre 750$ et 1100$ l’unité.

Certains ingénieurs forestiers restent toutefois encore réticents face à cette «chimio» qui ne serait pas sans conséquences sur la santé de l’arbre. Au Canada, deux pesticides sont homologués pour le moment : l’Acecap et le TreeAzin.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.