Au bout du monde dans le désert d'Atacama au Chili
L’extrême nord chilien, Norte Grande, s’impose comme une région saisissante, tantôt désertique, tantôt montagneuse. Le désert d’Atacama, qui couvre une grande partie du nord du Chili et s’étend jusqu’en Bolivie et jusqu’au sud du Pérou, est l’endroit le plus sec de la Terre. Sur une grande partie de ce territoire, il ne pleut tout simplement jamais. Un occasionnel brouillard fournit ici à peu près la seule humidité qui soit.
Contrairement à d’autres zones désertiques, cette région devient rarement très chaude, ce qui s’explique par l’influence du courant de Humboldt, qui permet aux eaux glaciales de l’Antarctique de remonter la côte chilienne. La température peut néanmoins accuser d’importantes variations entre le jour et la nuit, et les régions montagneuses subissent parfois une forte baisse du mercure à la tombée du jour. Une autre distinction notable entre l’Atacama et la plupart des déserts tient à l’absence de toute végétation visible sur de vastes étendues.
Vous pourrez ainsi parcourir des kilomètres et des kilomètres sans déceler la moindre trace d’herbe ou de broussailles, et encore moins de formes plus développées de végétation, comme le cactus. Par endroits, il n’y a que pierre et sable à perte de vue. Il se peut cependant que vous aperceviez finalement quelques formes primaires de végétation désertique, et, plus rarement, de véritables oasis.
Attraits touristiques
San Pedro de Atacama
Ce village d’oasis absolument charmant, dont les rues paisibles sont bordées de structures d’adobe peu élevées, est devenu très couru par les touristes, et pour cause. Il ne compte que quelques pâtés de maisons, affiche un caractère résolument rustique et détendu, et offre de surcroît un choix intéressant de restaurants et de lieux d’hébergement, ce qui en fait un de ces endroits où l’on prévoit passer quelques heures et où l’on finit par vouloir rester plusieurs semaines. L’atmosphère y est chaleureuse, et la moindre promenade procure le plus vif des plaisirs.
La population, partiellement autochtone, qui avait l’habitude d’osciller autour de 1 900 habitants, a récemment augmenté à la suite de l’afflux des touristes. Situé à 98 km au sud-est de Calama et desservi par une bonne route, le village de San Pedro de Atacama se trouve juché à une altitude de 2 438 m sur le tracé des voies qui conduisent aux passages frontaliers élevés et isolés de la Bolivie et de l’Argentine.
D’éblouissants attraits naturels
San Pedro s’étend juste au-delà de l’extrémité nord du Salar de Atacama, un immense lac salé, aujourd’hui asséché et riche en réserves minérales. Il existe plusieurs lieux intéressants près de San Pedro, mais le transport public demeure peu développé, et les personnes qui ne disposent pas d’un véhicule devraient songer à s’inscrire à une excursion de groupe.
Parmi ces sites, il convient de retenir la très populaire Valle de la Luna, une merveille géologique située à 12 km à l’ouest du village. Cet endroit doit son nom, qui signifie «vallée de la lune», à d’hallucinantes formations multicolores créées par l’érosion de montagnes de sel.
Certains visiteurs affirment qu’il faut s’y rendre à l’aube, au coucher du soleil ou par un soir de pleine lune (habillez-vous chaudement si vous choisissez d’y aller le soir). La vallée se trouve dans l’une des sept sections de la Reserva Nacional Los Flamencos, qui renferme également des lieux de nidification adoptés par les flamants (d’où son nom).
Toconaco, qui se trouve à 33 km au sud de San Pedro, est réputé pour ses
maisons et son église entièrement fabriquées de briques volcaniques blanches, et constitue l’un des principaux points d’entrée du Salar de Atacama et du secteur de la réserve nationale appelée Soncor, où trois espèces de flamants peuvent être observées à distance.
Plusieurs sites archéologiques vous attendent près de San Pedro. Le plus visité est celui de la Pukará de Quitor, à 3 km au nord du village. Cette forteresse préinca entièrement restaurée date du XIIe siècle et se dresse sur un promontoire dominant les berges occidentales du Río San Pedro. Quelque 4 km plus au nord s’étendent, à Catarpe, les ruines d’un ancien centre administratif inca. Enfin, à Tulor, à 12 km au sud-ouest de San Pedro, les restes d’un village construit entre les VIIIe et VIe siècle av. J.-C. ont été partiellement excavés.
Les geysers d’El Tatio, qui se trouvent à 94 km au nord de San Pedro, sur une route de montagne non revêtue, offrent un spectacle remarquable, à son meilleur entre 6 h 30 et 8 h 30. Ce champ de geysers, perché à une altitude d’environ 4 325 m, est le plus élevé du monde. Les colonnes de vapeur s’élancent jusqu’à
6 m de hauteur dans la clarté azurée de l’altiplano, créant de splendides formations minérales, et un grand bassin thermal situé tout près attend les baigneurs.
Il importe toutefois d’être prudent, car la surface du sol n’est constitué par endroits que d’une croûte fort mince, et une chute dans un bain bouillant d’eau sulfureuse peut causer de graves blessures. Les Baños de Puritama, à quelque 30 km au nord de San Pedro sur la même route, reposent dans un canyon ponctué de plusieurs cascades et bassins alimentés par des sources naturellement chaudes dont la température oscille autour de 33 °C.
Question de climat
- Le fait le plus évident dont il faut tenir compte au moment de planifier un voyage au Chili tient à ce que les saisons de l’hémisphère sud sont inversées par rapport à celles de l’Amérique du Nord. Ainsi, l’été commence en décembre, et l’hiver en juin. Dans le nord du Chili, on n’enregistre que peu de variations climatiques entre les saisons. Le temps y est doux et sec toute l’année.
- Si vous projetez de visiter plusieurs régions différentes du Chili, vous pouvez songer à commencer par le nord si vous voyagez au printemps (ou à terminer par là si vous voyagez en automne), de manière à profiter de températures plus clémentes et d’heures d’ensoleillement plus longues au moment de descendre vers le sud (surtout au printemps et en été).