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Des traverses de tortue à L’Île-Bizard

Des traverses de tortue à L’Île-Bizard
Photo: Gracieuseté

Préoccupés par le bien-être des tortues qui seraient régulièrement frappées lorsqu’elles s’aventurent sur les routes de L’Île-Bizard, des résidents de l’arrondissement ont pris l’initiative d’installer eux-mêmes des panneaux de signalisation incitant les automobilistes à ralentir.

Trois espèces de tortues peuvent être observées à L’Île-Bizard, la peinte, serpentine et géographique, une espèce considérée comme vulnérable au Québec. La plus importante population de tortues géographiques est localisée dans le lac des Deux Montagnes, qui borde L’Île-Bizard.

«En juin, les femelles pondent leurs œufs. Elles vont aller à un endroit qu’elles trouvent propice. En général, elles vont quitter leur cour d’eau pour aller à un endroit plus sec et chaud, comme le bord d’une route», explique Isabelle Turgeon, une résidente de l’arrondissement.

La propension des tortues à utiliser des milieux modifiés par les humains, comme les rues, les stationnements de gravier ou les trappes de sable des deux golfs de L’Île-Bizard, les placent en situation dangereuse.

«C’est très rare qu’elles s’aventurent à plus de 50 mètres des rives pour pondre, explique le biologiste du Zoo Ecomuseum, Pierre-Alexandre Bourgeois. [Si elles traversent une route], les femelles sont à risque d’être frappées. C’est une grosse menace pour les tortues, dont la survie repose sur les spécimens adultes.»

Automobilistes
La situation peut également poser un danger aux automobilistes qui, pour les éviter, peuvent causer des accidents. «Souvent, on n’a pas le temps de s’arrêter. Si on le fait, on risque de se faire emboutir. C’est sur le chemin Bord-du-Lac où c’est le plus dangereux parce que les gens conduisent vite et la route n’est pas large, avec de nombreux virages et des bosses», souligne Mme Turgeon.

Mme Turgeon et quelques autres résidents ont créé des affiches sur lesquelles on peut lire «Ralentissez ! Traverse de tortues».

Les panneaux ont été installés à trois endroits, sur la Montée de l’Église, sur le chemin Bord-du-Lac ainsi que sur l’avenue Wilson, des secteurs où des tortues auraient souvent été aperçues.

Agir
Le maire de L’Île-Bizard – Sainte-Geneviève, Normand Marinacci étudie la possibilité d’agir.

«Il faut savoir où elles passent, si c’est vraiment efficace de mettre des enseignes. Je ne suis pas certain que ça aurait un effet très dissuasif. Aussi, l’aspect visuel est important pour l’Île. On veut garder ça le plus beau possible. On ne veut pas trop de signalisation», avance-t-il.

L’administration n’a pas encore décidé quel département se pencherait sur le dossier, qui pourrait notamment relever du comité de sécurité publique ou du comité consultatif d’urbanisme. Chose certaine, le maire Marinacci n’a pas l’intention d’investir.

«Je ne pense pas que ça vaut le coup, dit-il. Mais on va faire appel à des gens qui ont des connaissances. S’ils peuvent nous donner bénévolement des informations pertinentes, ça on peut le faire. Peut-être que le service des grands parcs pourrait nous renseigner sur les habitudes de vie des tortues.»

Une décision pourrait être prise à l’automne. Toute nouvelle signalisation doit être approuvée par l’arrondissement.