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17:56 3 février 2020

Des sinistrés exigent un plan d’action

Des sinistrés exigent un plan d’action
Photo: François Lemieux/Cités NouvellesLe maire de Pierrefonds-Roxboro Jim Beis tenait une conférence de presse en compagnie d’Itsik Romano et René Leblanc, des résidents qui disaient parler au nom des sinistrés de l’arrondissement.

Quelque 400 adresses de Pierrefonds-Roxboro attendent toujours d’être retirées de la Zone d’intervention spéciale (ZIS), la nouvelle carte des zones inondables décrétée par Québec en juin. Le maire de l’arrondissement, Dimitrios (Jim) Beis, a dénoncé la lenteur du processus de traitement, la semaine dernière.

Les sinistrés René Leblanc et Itsik Romano sont mécontents de l’attitude du gouvernement et du manque de mesures préventives à long terme. Ils sont prêts à engager des poursuites si une nouvelle inondation se produisait.

«La ZIS a apporté un nombre de restrictions. On ne peut obtenir de permis. En tant que propriétaires de maisons, on a à composer avec non seulement du stress et de l’anxiété quotidiens, mais aussi avec nos assurances, les banques. Nos évaluations immobilières ont baissé, mais nos évaluations municipales ont augmenté», souligne René Leblanc.

De son côté, M. Beis fait valoir que son administration a reçu durant l’été un volume important d’appels, de courriels et de visites de résidents ainsi que des entrepreneurs qui souhaitent faire retirer leur propriété ou leur entreprise commerciale de la ZIS.

«Certains sont toujours retenus en otage par cette carte, en plus des divers défis qu’ils doivent relever auprès d’institutions comme les banques, les compagnies d’assurance et les sociétés immobilières, indique le maire. Nous ne pouvons pas ignorer les conséquences économiques, physiques et mentales de ces mesures sur la santé de nos résidents et de nos entrepreneurs.»

Il s’insurge par ailleurs contre le manque de communication de la Ville de Montréal tout comme du gouvernement Legault.

«C’est inacceptable de ne pas avoir eu d’ouverture de nous rencontrer à Pierrefonds-Roxboro pour être capable de marcher dans les rues, de parler avec les résidents et de voir ce qu’on voit tous les jours. On est prêt à accueillir nos collègues de Québec et Montréal. On peut faire un forum qui inclurait les citoyens afin de partager les expertises», précise M. Beis.

Réaction
La Ville de Montréal est surprise de la sortie du maire Beis. «Nous avons assuré un suivi régulier et avons été avec lui sur le terrain et il a été invité à diverses réunions, explique la responsable de la sécurité publique, Rosannie Filato. Il était présent en août à la suite de l’octroi des 50 M$ par le gouvernement fédéral. Ce dossier est suivi de très près et en totale collaboration avec l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.»

L’an dernier, Ottawa a transféré des sommes provenant Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes. Montréal a réservé l’enveloppe pour l’installation de stations de pompage ainsi que l’acquisition d’espaces verts à Pierrefonds-Ouest, dans le cadre de la création du Grand parc de l’Ouest.