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16:58 4 février 2020

Documentariste de chez nous

Documentariste de chez nous
Photo: François Lemieux/Cités NouvellesOriginaire de Pointe-Claire, le cinéaste Sébastien Rist a travaillé sur une douzaine de projets cinématographiques dans sa carrière.

Temps et marées, un film du cinéaste originaire de Pointe-Claire Sébastien Rist, sortira en salle vendredi. Le documentaire traite de la réalité des Coasters, les habitants de la Basse-Côte-Nord, région éloignée de l’est du Québec où les perspectives d’avenir économiques sont peu reluisantes.

Le scénario lui est venu en 2012, alors qu’il donnait des ateliers vidéo à des jeunes anglophones avec sa conjointe, Aude Leroux-Lévesque, aussi sa coréalisatrice, dans différents villages de la Basse-Côte-Nord.

«On était curieux de savoir quelles étaient leurs aspirations. Le territoire là-bas est incroyable et c’est vraiment loin. Ça prend une journée complète et deux avions pour se rendre là. 0n ne peut y aller en auto», indique M. Rist.

Après avoir obtenu du financement, le tournage a finalement pu débuter quatre ans plus tard, à Rivière-Saint-Paul et Blanc-Sablon, des villages de moins de 1000 habitants.

«Il n’y a pas d’études post-secondaires là-bas. La plupart des jeunes qui quittent finissent par ne pas revenir. C’est ça le gros problème», explique M. Rist.

Un moratoire sur la pêche à la morue établi par le gouvernement fédéral au début des années 1990 a fait mal à l’économie locale, très peu diversifiée.

«Ça a été le début de la fin, explique le cinéaste de 35 ans. Les villages étaient déjà quand même très précaires puisqu’ils dépendaient d’une seule et même industrie. Le gouvernement a essayé de racheter des licences. De nos jours, certains gagnent quand même bien leur vie en pêchant le crabe. Mais il y en a seulement deux ou trois par village.»

Malgré leur situation économique, les adolescents du documentaire ont les mêmes aspirations que les jeunes partout ailleurs selon M. Rist. «Ils veulent voyager, une éducation, être au courant de ce qui se passe dans le monde», souligne-t-il.

Contraste
Le documentaire tente aussi de faire un lien entre les générations. En parlant à l’oncle du personnage principal, un homme très traditionnel qui se nourrit presque exclusivement des produits de la chasse et de la pêche, on s’aperçoit que ceux qui ont connu la prospérité veulent rester dans leurs villages.

«On a décidé de faire un dialogue pour faire un contraste entre les deux réalités. En faisant cela, on voit qu’il y a peut-être un terrain commun entre les deux générations», explique M. Rist.

La première de Temps et marées a eu lieu en mai à Toronto, au festival Hot Docs, un important festival de documentaire. Le film a depuis gagné le prix du meilleur film canadien du Regina International Film Festival.

Diplômé du programme communications profil film de Concordia avec distinction, en 2008, M. Rist a réalisé cette année-là son premier documentaire, This Little Piggy.

Le court métrage avait remporté trois prix, dont celui du meilleur film étudiant au Festival des Films du Monde de Montréal.

Installé à Montréal depuis la fin de ses études, il a depuis réalisé huit films, dont le documentaire télévisuel L’Académie diffusé sur la chaîne RDI, le week-end dernier.

Le documentaire d’un peu plus d’une heure sera présenté en version originale anglaise avec sous-titres en français à compter du 7 février au Cinéma du Musée à Montréal ainsi qu’à partir du 9 février à Sherbrooke et Québec.