Ahuntsic-Cartierville

La techno au féminin

La techno au féminin
Photo: Collaboration spécialeNesrine Zemirli a découvert sa passion de l’informatique en voyant sa penchant pour les problèmes logiques.

Les filles qui étudient en génie, notamment en intelligence artificielle, sont moins nombreuses que les garçons. Comment les convaincre de poursuivre une formation en technologies? En leur montrant des modèles, selon une résidente d’Ahuntsic-Cartierville qui donnera bientôt une conférence sur le sujet.

Nesrine Zemirli, est titulaire d’un doctorat et d’un master professionnel en gestion de projets technologiques de l’université Toulouse en France. Résidente d’Ahuntsic-Cartierville, elle est professeure à la formation continue au collègue Bois-de-Boulogne depuis 2016 et donne des cours d’analytiques et d’apprentissage machine.

Elle participe avec quarante autres professionnels à la journée «Techno au féminin, l’intelligence artificielle pour changer le monde», organisée le 26 octobre par l’organisme Concertation Montréal, à l’École des technologies supérieures (ÉTS).

Elle discutera avec une quinzaine d’étudiantes des Cegep et des universités pour expliquer ses motivations et sa démarche. «Elles sont à la croisée des chemins. Elles doivent maintenant faire un choix d’étude et d’orientation et cette journée leur donnera le goût d’une autre voie», indique-t-elle.

En 2018, les filles comptaient pour 28% du total des étudiants à Polytechnique Montréal. Elles représentaient 18% du nombre des diplômés de l’École des technologies supérieures (ÉTS). Dans le milieu du travail, la portion de femmes dépasse à peine 17% des 60000 membres de l’ordre des ingénieurs du Québec.

Mme Zemirli constate que dans certains milieux, l’écart est encore plus grand. «Je donne des cours en intelligence artificielle à la formation des adultes, j’ai trois filles pour 15 étudiants au total.»

Vivre sa passion

Mme Zemirli a suivi ses études supérieures en Algérie et en France. «Je n’ai jamais ressenti qu’il y avait une différence entre les étudiantes et les étudiants en informatique, je n’ai pas perçu qu’il fallait justifier ma place», observe-t-elle.

Les grandes interrogations sont apparues au moment où elle a commencé à chercher du travail. «J’ai ressenti qu’être femme était comme un handicap dont je n’avais pas pris conscience avant», souligne-t-elle.

Elle a conclu qu’il y a un problème culturel. «Les success stories dans les nouvelles technologies sont toujours portées par des images d’hommes, comme si dans l’imaginaire populaire, les femmes n’avaient pas cette abstraction technique en elle pour poursuivre des études dans ces domaines.»

Selon elle, le travail avec les nouvelles générations est essentiel pour améliorer la situation et il faut commencer très tôt. «Trouvez-vous une passion et allez-y, peu importe laquelle, lance-t-elle. Ne vous dites jamais que le génie informatique, c’est pour les hommes uniquement.»