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18:23 13 avril 2021 | mise à jour le: 13 avril 2021 à 18:24 temps de lecture: 4 minutes

Ados pantouflards, adultes en danger

Ados pantouflards, adultes en danger
Photo: ArchivesDepuis un an, les ados sont plus souvent devant un écran que sur un terrain de sport.

Alors qu’à peine 15% des adolescents montréalais respectaient les recommandations en matière d’activité physique et de temps d’écran avant la pandémie, ils ne sont plus que 1% après la mise en place des restrictions sanitaires. Une situation inquiétante que des chercheurs exposent publiquement pour que des réponses soient rapidement trouvées.

La grande majorité des adolescents montréalais ont abandonné les activités physiques. Ils sont de plus en plus devant des écrans et dorment moins bien.

C’est ce que révèle l’étude GO – Le secondaire s’active! menée entre décembre 2020 et janvier 2021 par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal auprès de 2948 élèves du secondaire répartis de 17 écoles de Montréal.

Les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les 5 à 17 ans, recommandent au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par jour.

Il est également conseillé que les jeunes limitent leur temps devant les ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents à deux heures par jour.

La nuit, les 13 ans et moins devraient dormir de neuf à onze heures, les 14 ans et plus ont besoin de huit à dix heures de sommeil.

Les chercheurs du projet GO – Le secondaire s’active! ont découvert qu’à peine 1% des adolescents de Montréal se conforment encore à ces directives depuis la pandémie et la moitié d’entre eux n’en respectent aucune.

«On le savait avant la pandémie que c’était un dossier de santé publique important. La situation était déjà alarmante. Là, c’est devenu catastrophique», prévient Marie-Maude Dubuc, postdoctorante à la chaire de recherche KinoQuébec de l’Université de Sherbrooke, et l’une des deux chercheuses principales du projet.

Les restrictions sanitaires ont apporté un lot de contraintes qui ont tout simplement découragé les jeunes.

«Il n’est plus possible de pratiquer des sports collectifs. Les adolescents font beaucoup d’activités physiques pour être avec leurs amis. C’est un des éléments qui les motive. Ce n’est pas faisable actuellement», note Mme Dubuc.

Pour beaucoup, il ne reste plus que les cours d’éducation physique à l’école qui se font au moins une semaine sur deux, virtuellement.

Momentum

L’adolescence est une phase particulièrement critique, car c’est à ce moment que se forgent les saines ou les mauvaises habitudes de vie.

«S’il y a un ou deux ans de pause dans cette petite fenêtre développementale, cela va avoir des impacts sur toute une vie», observe la chercheuse.

Selon elle, les études ont démontré depuis longtemps que plus l’activité physique est pratiquée en bas âge, plus les chances de demeurer actif une fois adulte, sont grandes.

«C’est à l’adolescence que ça se passe. C’est à ce moment-là que plusieurs délaissent la pratique d’activités physiques et ces jeunes deviennent des adultes sédentaires», explique-t-elle.

Les conséquences en matière de santé publique ne sont plus à démontrer dans ce cas.

«On peut penser au diabète, à l’hypertension ou aux problèmes cardiovasculaires, causés par l’inactivité physique», énumère-t-elle. Elle évoque aussi la dépression et les problèmes de santé mentale à l’âge adulte.

«La pratique d’activités physiques est un facteur de protection», martèle Mme Dubuc. Pour elle, il était nécessaire de tirer la sonnette d’alarme maintenant alors que la pandémie perdure.

«En sortant ces données sans attendre le rapport final, on veut appeler à l’action», souligne-t-elle. Le retour des beaux jours et l’exercice en plein air devraient favoriser l’activité.

«Sortons, allons bouger différemment de ce qu’on faisait avant la pandémie, mais soyons actifs», remarque-t-elle.

Elle assure qu’il faut rapidement offrir des alternatives aux jeunes. Pour cela, tout le monde doit s’y mettre, les parents, l’entourage, l’école et même les municipalités.

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