Ahuntsic-Cartierville

Des manœuvres dangereuses au chantier du Village Scalabrini captées sur vidéo

Village Scalabrini
Des manœuvres dangereuses sur un chantier de construction du Village Scalabrini ont été captées sur vidéo par un citoyen. Photo: Google

Tout juste avant les vacances de la construction, les promoteurs du Village Scalabrini et l’entrepreneur général responsable de ce projet immobilier, Groupe MALO, se sont retrouvés dans l’eau chaude à la suite de la publication d’une vidéo sur la page Facebook de l’Association mobilité active Ahuntsic-Cartierville (AMAAC) montrant les manœuvres dangereuses d’un opérateur de tracteur sur le chantier.

Les événements filmés par le co-porte-parole de l’AMAAC, Samuel Milette-Lacombe, se sont produits au chantier du Village Scalabrini, situé dans la rue Sauriol, près de l’école Fernand-Séguin.

Dans la vidéo d’une durée d’une minute, un tracteur avec chargeur circule rapidement à contresens sur la chaussée ainsi que sur la voie cyclable à double sens, malgré la présence d’automobilistes et de cyclistes.

Puis, lorsque le véhicule s’immobilise pour effectuer un chargement, des automobilistes sont contraints d’effectuer un détour dans la piste cyclable.

Aucun signaleur de chantier n’est visible et aucune voie de contournement ne semble avoir été mise en place.

«Le free for all encore une fois»

La piste cyclable de la rue Sauriol est la source de beaucoup de maux de tête pour Samuel Milette-Lacombe.

Dans un article récemment publié par Métro, ce dernier dénonçait le fait que la sécurité des enfants se déplaçant à vélo soit compromise lorsque des véhicules se stationnent directement dans la voie cyclable, problème souvent constaté sur ladite rue.

Selon M. Milette-Lacombe, la tendance au «chacun pour soi» persiste chez certains usagers de la route, attitude déjà dénoncée par l’AMAAC auprès de l’Arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«L’Arrondissement doit réagir aux manquements»

En réponse à la vidéo, la conseillère de la Ville du district d’Ahuntsic, Nathalie Goulet, tient à aviser la population «que la porte d’entrée principale pour ce genre de signalement doit toujours être le 911».

«Lorsque des citoyens constatent une situation dangereuse ou une infraction au Code de la sécurité routière, c’est la police qu’il faut appeler afin qu’un agent puisse se rendre sur place et sanctionner le conducteur contrevenant.»

Pour sa part, l’Arrondissement a demandé l’intervention du poste de quartier 27. La chargée de communication-relations médias du SPVM Anik de Repentigny a informé Métro que le PDQ 27 avait «ouvert une enquête pour non-respect du Code de la sécurité routière».

Concernant l’absence de signaleur sur le chantier ainsi que de plan de contournement, conditions associées à la délivrance d’un permis de construction, Mme Goulet a personnellement interpellé le responsable du chantier.

Celui-ci aurait souscrit à plusieurs engagements auprès de la conseillère de Ville, dont la présence d’un signaleur et d’un agent de prévention sur la rue Sauriol lors des manœuvres.

L’entrepreneur aurait également fait une demande de permis d’entrave pour le trottoir nord ainsi que pour la voie de stationnement à partir du 8 août.

Mme Goulet spécifie toutefois que «cela ne lui permettra en aucun cas d’entraver la voie de circulation ou la piste cyclable ni de circuler sur la rue Sauriol en sens inverse».

Au moment de la publication de cet article, le Groupe MALO n’avait pas répondu aux demandes d’entrevue de Métro.

Un citoyen qui constate une situation dangereuse sur un chantier de construction peut-il aussi interpeller la CNESST?

À cette question, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) répond que «toute personne peut signaler une situation dangereuse à la CNESST».

Pour ce faire, elle doit téléphoner au numéro général de la CNESST et demander à discuter avec un inspecteur de garde. Son signalement reste confidentiel.

Dans le présent cas, la CNESST, ayant pris acte de la vidéo captée par Samuel Milette-Lacombe, «réalisera une intervention afin de s’assurer de la conformité de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et du Code de sécurité pour les travaux de construction qui s’appliquent sur un chantier de construction».

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