La voie réservée qui fait peur
Pour le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Fleury, François Morin, la réalisation d’une voie réservée pour bus sur la rue Fleury est irréaliste. La rue n’est pas assez large. « À sa face même ce projet nous paraît irréaliste », avait-il écrit dans un communiqué commun avec la députée fédérale Maria Mourani, publié la semaine passée.
Réaction
Diane de Courcy, députée provinciale de Crémazie, avait réagi immédiatement à cette opposition dans une lettre adressée au Courrier.
Tout en rappelant que le gouvernement s’est engagé à financer la création de 208 km de voies réservées pour un montant de 84 millions de dollars dans la région Montréalaise, elle affirme que : « l’implantation de ces voies doit toutefois se faire suite à de réelles consultations avec la population et les partenaires concernés. » Elle justifie cela par des raisons de faisabilité technique, de sécurité des riverains et de vitalité commerciale des secteurs touchés.
Pour rappel, c’est la députée de Crémazie qui avait annoncé un projet de voie réservée pour bus sur Fleury, à la fin du mois de septembre 2013, en pleine campagne électorale municipale.
« En effet, dans l’axe est-ouest, des voies réservées seront aménagées sur les rues Fleury et le boulevard Crémazie », lisait-on dans son communiqué publié après l’annonce des 84 millions de dollars du ministère des Transports (MTQ) pour le développement des voies dédiées au transport collectif.
Pourtant, la déclaration ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, à ce moment précis évoquait une attention particulière pour les « demandes des citoyens d’Ahuntsic et de ma collègue, Diane De Courcy », sans jamais annoncer de projets pour des rues en particulier.
Confusion?
« Je crois qu’il faut faire attention au vocabulaire, avertit Émilie Thuillier, conseillère de ville d’Ahuntsic. Il faut faire la différence entre voie réservée et mesures préférentielles pour bus. »
Pour elle, comme pour M. Morin d’ailleurs, il est inconcevable de voir une voie réservée aménagée sur une rue comme Fleury. « L’arrondissement a investi des centaines de milliers de dollars pour aménager des saillies il y a une quinzaine d’années pour permettre une revitalisation de cette artère commerciale. Va-t-on les détruire? » se demande M. Morin.
« Compte tenu de la géométrie de la rue Fleury, un corridor protégé pour bus n’est pas envisageable », observe Jean-François Circé, chef de division relations avec les citoyens et communication à l’arrondissement.
Par ailleurs, toutes les personnes interrogées conviennent que les projets de lignes de bus, quelle que soit leur nature, relèvent d’abord de la Société de Transport de Montréal (STM).
Même Mme de Courcy reconnaît dans sa lettre à notre rédaction que le choix des emplacements des nouvelles lignes de bus : « relève (…) entièrement des autorités municipales et des autorités de transport locales. »
« Il est prévu à notre programmation de mesures préférentielles pour bus (MPB) que nous étudions sur l’axe Fleury, entre les rues Berri et Saint-Michel », précise Amélie Régis, conseillère corporative aux affaires publiques de la STM. Pour elle rien n’est encore décidé. « Les MPB ne sont pas uniquement des voies réservées, nuance-t-elle. Il peut s’agir également de feux prioritaires pour bus. » Qu’est-ce qui déterminera les meilleures options à prendre sur la rue Fleury ? Ce sont les études, elles sont programmées pour 2019.