Donner la parole aux sans voix
Le siège de Solidarité Ahuntsic était plus animé qu’à l’accoutumée, le 26 octobre. Cette première journée de fin de semaine fut studieuse pour ceux qui ont tenu à venir au forum sur la participation citoyenne à la vie démocratique locale. La rencontre, organisée en deux ateliers et une plénière, devait mettre en avant les outils dont disposent les citoyens dans leur communauté pour défendre leurs droits ou pour alerter les autorités publiques et les élus sur des situations d’intérêt général. Maria Mourani députée fédérale de la circonscription d’Ahuntsic et Émilie Thuillier, conseillère de ville sortante du district d’Ahuntsic, ont participé au débat. Diane De Courcy, absente pour cause de conseil des ministres exceptionnel, a délégué son attaché politique pour la représenter à cette rencontre.
« Ceux qui sont là ne sont pas forcément ceux qu’on voulait atteindre », constate, avec une légère amertume, Mme Sigouin. Effectivement, outre les représentants de certaines instances délibérantes locales, il y avait des citoyens habitués aux assemblées publiques et foncièrement impliqués dans la vie communautaire.
« Toutefois, nous avons constaté la présence dans la salle de nouveaux arrivants », note-t-elle avec satisfaction. L’objectif avoué des initiateurs du forum était de toucher ceux et celles qui ne se rendent aux conseils d’arrondissement que lorsqu’un problème survient dans leur environnement immédiat.
« Si tout va bien dans ta vie, tu ne sauras pas t’indigner et tu ne sauras pas t’impliquer pour faire changer les choses », argue-t-elle.
Difficultés d’informer
« Les gens ne sont pas très bien informés de ce qu’ils peuvent faire, même au niveau fédéral, a indiqué Mme Mourani. Pourtant, j’ai porté des dossiers compliqués et ils ont abouti à des solutions parce que j’avais des citoyens derrière moi. »
Dans ce contexte, on a aussi évoqué les relais capables de transmettre les renseignements utiles pour les personnes qui veulent s’engager. Entre autres vecteurs potentiels, les organismes communautaires dont Azzedine Achour, coordonnateur à Solidarité Ahuntsic, a regretté l’absence. « On ne connaît même pas les membres des conseils d’administration de certains organismes », a-t-il relevé.
Pour Rachel Sigouin il faut joindre les gens qui ne sont pas informés. Pour elle, les outils de communication actuels sont en déphasage avec la population ciblée. Les personnes isolées ou les aînés ne vont pas forcément sur les réseaux sociaux et ne lisent probablement pas le journal local. « Certains ignorent qu’est-ce qu’une assemblée publique dans un centre de santé et services sociaux (CSSS) ou ce qu’est un comité d’usager », note-t-elle.
« Il faut trouver avec les instances concernées les modalités pour rejoindre ces personnes. Il faut développer le verbal avec un ton pas trop formel dans le cadre de cafés-rencontres sur divers thèmes. On devrait essayer en tous les cas », propose-t-elle.
Interrogée à l’issue du forum, Maria Mourani souhaite que de telles rencontres se multiplient. « Pour que les citoyens connaissent les services pour pouvoir en bénéficier, défendent leurs droits, fassent bouger la chose politique. »