Soutenez

Les femmes du Sault-au-Récollet

L’année 2013 marque le 15e anniversaire de Cité historia, 15 ans de mise en valeur patrimoniale du Sault. Cette chronique mensuelle est une invitation à en apprendre davantage sur cette localité de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. Dans le cadre du 8 mars, Journée internationale des femmes, Cité historia désire rendre hommage aux femmes du Sault-au-Récollet en présentant des exemples d’exception.

En Nouvelle-France, la congrégation des sœurs de Notre-Dame marque une différence avec les vieux pays en œuvrant directement avec la faible population de Ville-Marie. Au Sault, elles comptent parmi les pionnières du développement du nord de l’île de Montréal grâce à leur travail d’enseignement aux Amérindiennes de la mission du Fort-Lorette et leur apport monétaire.

En 1872, Henriette Moreau devient la plus importante propriétaire de l’ancien village lorsqu’elle achète le complexe des moulins du Sault-au-Récollet. À la même époque, la cantatrice Albani, Emma Lajeunesse de son vrai nom, suit sa formation générale au couvent de Sophie-Barat des religieuses du Sacré-Coeur du Sault-au-Récollet.

Au tournant du 20e siècle, les Sœurs de Miséricorde emménagent dans la Maison Saint-Janvier qui était située rue Fort-Lorette à proximité de l’église de la Visitation et font construire au côté de celle-ci la crèche Saint-Paul. Entre 1903 et 1971, ces femmes œuvrent, souvent avec trop peu de moyens, à prendre soin des femmes et des enfants rejetés par la société. Ainsi, elles ont travaillé au sein de la communauté du Sault-au-Récollet en participant à sa vie sociale et à son économie locale.

L’un des plus importants changements qu’a connus la société québécoise est l’accès des femmes au marché du travail. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les femmes du Sault participent à l’effort de guerre en produisant au site des moulins des emballages pour les obus ainsi que des cartons pour remplacer les fenêtres brisées des villes d’Angleterre.

L’entrée des femmes en politique vient également modifier la société. Claire Kirlkland-Casgrain, première femme élue en 1961 et première à occuper un poste de ministre, passe les étés de son enfance dans la résidence de son oncle (aujourd’hui la maison de l’ancêtre située au 1947, boul. Gouin est). Cette pionnière de la société québécoise a ouvert les portes aux femmes en servant de modèle à toute une génération.

À ces femmes d’exception, nous pouvons ajouter toutes celles dont le récit ne nous est pas encore parvenu. Nous avons la conviction que l’histoire du Sault-au-Récollet renferme celle d’une multitude de femmes qui ont travaillé d’arrache-pied pour faire de leur communauté une collectivité forte.

Par Vincent Garneau, Coordonnateur au développement historique, Cité historia

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.