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Avantage numérique pour la planète, les changements climatiques au banc des pénalités

En 2050, la température à Montréal pourrait être de quatre degrés supérieurs à ce qu’elle est en ce moment. C’est donc dire qu’il serait difficile d’entretenir une patinoire extérieure et d’y jouer une joute de hockey. Pour Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, notre sport national est un excellent prétexte pour sensibiliser jeunes et moins jeunes aux dangers du réchauffement climatique. Et ça tombe bien, il est aussi Ahuntsicois et entraîneur dans l’organisation des Braves!

Dans le cadre du Sommet de l’hiver de la Fondation, Karel Mayrand amènera le 3 février son équipe novice à Québec pour la classique «Protégeons nos hivers». De jeunes Ahuntsicois de 7 à 8 ans y partageront la glace avec des artistes, d’anciens joueurs professionnels et des environnementalistes.

«Le monde du hockey n’est pas le milieu le plus sensible à la cause du réchauffement climatique, indique M. Mayrand, mais je trouve qu’il est intéressant d’utiliser le sport comme prétexte à la sensibilisation. Sa création, mais aussi son avenir sont intimement liés à l’hiver.»

Pour le coach, la charge politique du discours environnementaliste n’en fait pas une cause attirante pour les organisations professionnelles. Ils investissent davantage pour les enfants malades, par exemple.

«Certains joueurs sont très proactifs, par contre. Un des plus détestés à Montréal, Andrew Ferrence des Bruins, se déplace aux entraînements en vélo», rigole-t-il.

Avec le Sommet de l’hiver, Karel Mayrand et l’équipe de la Fondation David Suzuki espèrent inspirer de petits gestes comme ceux-ci. «C’est ludique pour les enfants, mais c’est plus profond que ça. Leur attachement à l’hiver est renforcé et on sensibilise leurs parents à la dette écologique qui pèse sur les futures générations», soutient-il.

Premiers indices d’un changement irréversible

La communauté scientifique s’entend actuellement sur les scénarios pessimistes en matière de changements de climat. Des chercheurs de l’Université McGill ont d’ailleurs remarqué une hausse de la température canadienne si significative qu’il est désormais difficile d’entretenir une patinoire extérieure.

«Les hivers sont plus courts et plus doux, ce qui complique la pratique du ski de fond ou du patin. À Brampton, en Ontario, où a grandi Wayne Gretzky, ce n’est presque plus possible d’avoir une glace dans sa cour», remarque Karel Mayrand.

Pour Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys fringants et doctorant en géographie à l’Université de Montréal, cette volonté de sensibilisation par notre sport national est intéressante. «On parle toujours de la lutte aux changements en abordant des arguments biophysique. De passer par notre système de valeurs et notre fibre québécoise, c’est nouveau».

Jérôme Dupras participera encore cette année au Sommet de l’hiver aux côtés de son ami Karel Mayrand, avec qui il mène plusieurs projets environnementaux depuis plus de cinq ans. Tous deux s’accordent pour affirmer qu’il est primordial de se positionner sur la question du réchauffement climatique, puis de transformer cette réflexion en force durable de changement.

Le livre de Karel Mayrand, «Une voix pour la Terre. Comment je me suis engagé pour notre planète», est disponible aux Éditions du Boréal.

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