La conseillère et les policiers
Elle a annoncé le 8 avril qu’elle était en faveur de la motion visant à abroger le règlement P-6, lors du prochain conseil municipal. Les raisons qui ont pu justifier un tel règlement, l’année dernière, pendant le printemps érable, ne s’appliquent plus, estime-t-elle.
«Le principal objectif de ce règlement était de donner les moyens aux policiers de mieux cibler les casseurs afin d’avoir des preuves lors des arrestations. Devant les réticences des élus, le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) leur avait expliqué que les policiers feraient preuve d’intelligence, de jugement et de respect envers les manifestants dans l’application du règlement. On ne peut pas dire que c’est ce qu’on voit depuis quelques semaines. On assiste plutôt à un spectacle désolant où les manifestants sont brimés dans leur droit légitime de s’exprimer. L’incident du 5 avril est la goutte qui a fait déborder le vase: Anarchopanda n’a rien d’un casseur, ni d’un criminel!»
La conseillère dit être en profond désaccord avec la Loi 12, mais avoir d’abord appuyé le règlement P-6 dans le but de réprimer les casseurs qui nuisaient à la cause des étudiants. «Aujourd’hui, le règlement est utilisé pour brimer le droit des manifestants, ce qui est inacceptable», martèle-t-elle.
Un danger pour la démocratie
Lors de la période de questions au conseil municipal du 3 avril, la conseillère a demandé le démantèlement de l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM).
Dans son intervention, elle a rappelé que le maire Michael Applebaum s’était adressé à la Sûreté du Québec (SQ) pour dénoncer l’intimidation dont il se disait victime de la part du président de la Fraternité des policiers. «Que des dirigeants policiers utilisent le pouvoir conféré par la loi pour faire chanter la direction politique de la Ville de Montréal est inacceptable et est intolérable.»
Mme Campbell dit avoir soulevé devant le conseil les risques que la création de l’EPIM représentait pour la démocratie municipale, en octroyant au SPVM le privilège de faire enquête sur les élus et le personnel de la Ville. Elle rappelle avoir exprimé dès janvier ses inquiétudes face aux dérapages potentiels.
«Les événements des dernières semaines et des derniers jours sont venus confirmer mes pires appréhensions. Ça ne tourne pas rond au sein du SPVM!»
L’ex-directeur général de la Ville avait lui sonné l’alarme quelques semaines plus tôt. C’est maintenant le maire qui «subit les menaces de la Fraternité des policiers parce qu’il refuse une de leurs demandes», déplore-t-elle.
Elle reproche au directeur du SPVM de ne pas avoir remis à sa place le président de la Fraternité des policiers.
Pendant la séance, la conseillère a questionné le maire: «Vous avez été intimidé par votre propre corps de police, à qui vous avez donné carte blanche pour un travail qui n’est pas de sa responsabilité. Vous vous êtes senti obligé d’appeler la SQ parce que votre sécurité mise en cause par la Fraternité des policiers sans que le directeur ne dise un mot. Dois-je comprendre que vous n’avez plus confiance dans le directeur du SPVM qui demeure silencieux devant les événements dramatiques qui se déroulent à l’hôtel de ville?»
Le travail d’enquête sur la corruption est la responsabilité de la SQ, rappelle Jocelyn Ann Campbell. «L’EPIM doit disparaitre, c’est un danger pour la démocratie!»
(Source: Bureau de la conseillère du district de Saint-Sulpice)