L'aventure d'un hémophile de huit ans en Australie
« Je voulais faire un livre pour enfants, mais à base de photographies alors qu’à l’habitude ce type de littérature est plutôt supporté par des dessins, indique Isabelle Clément se rappelant avoir fait ce constat en allant à la bibliothèque avec sa fille de 9 ans. J’ai approché la Fondation Rêves d’enfants qui m’a ensuite mis en contact avec la famille d’Arnaud. » L’auteure a en effet suivi Arnaud, son petit frère et ses parents, tout au long de leur périple en Australie, rendue possible grâce à la fondation. « Durant environ 7-8 jours, je n’ai pas arrêté de prendre des photos! Sans intervenir, j’ai essayé de rendre compte de manière fidèle de l’authenticité du rêve d’Arnaud », commente la photographe.
Ce rêve qu’il chérissait, c’était de pouvoir observer des koalas, animal, qui comme l’ensemble de la famille des marsupiaux, le passionne depuis son plus jeune âge. « Je ne sais pas trop pourquoi je les aime à ce point, évalue Arnaud. Peut-être parce qu’ils sont uniques et parce qu’ils vivent loin. Mais sûrement aussi parce qu’ils sont drôles et attachants! » Arnaud précise également qu’il a lu beaucoup ces dernières années, lui qui n’a aucune peine à disserter sur l’alimentation du koala ou son mode de vie: « Il dort 20 heures sur 24! », dit-il enjoué.
Une fois en Australie, Arnaud a pu adopter un koala du zoo de Sydney. « J’ai eu de la difficulté à faire mon choix, j’en avais sélectionné une dizaine, puis j’hésitais entre Peach et Tom », se souvient-il.
Mais si Arnaud a pu réaliser ce rêve, c’est d’abord et avant tout parce qu’il souffre d’hémophilie, cette anomalie de la coagulation sanguine en lien avec un déficit de facteur de coagulation dans le sang. Arnaud doit d’ailleurs s’injecter des facteurs VIII, un agent coagulant, à tous les jours en raison de sa condition.
La collaboration d’Arlette Cousture
« Je connais Arlette depuis mon premier livre, Le sens de la vie. Elle était une des 46 personnalités québécoises à qui j’ai demandé ce que représentait pour eux le sens de la vie. La rencontre que j’avais alors eue avec elle a été très sympathique, ça m’a même marqué », raconte la photographe. L’écrivaine de Les filles de Caleb représentait un choix clair pour signer les textes de l’aventure d’Arnaud, ayant adopté un enfant avec une déficience intellectuelle: « Je trouvais que le message était bien de demander à une maman d’un enfant en difficulté, qui elle-même vit avec la maladie – elle est atteinte de sclérose en plaques –, de raconter le rêve d’Arnaud avec sa sensibilité et son ouverture », se souvient Mme Clément.
La photographe annonce déjà qu’une suite aux aventures d’Arnaud est envisageable lorsque Loïc, le petit frère d’Arnaud, lui aussi hémophile, réalisera son rêve d’enfant.