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Un emploi sur mesure

Fabien Jean-Simon - TC Media
Qu’arriverait-il si vous perdiez l’usage de vos jambes? Pourriez-vous continuer à exercer votre travail? Pourriez-vous-même y accéder? Cette mise en situation exprime avec force le casse-tête que représente la recherche d’emploi pour les personnes handicapées ou atteintes de déficience intellectuelle.

«L’intégration au travail d’handicapés au sens large est tout un défi, pose d’emblée Daniel Bilodeau, directeur du 2e cycle au Centre François-Michelle, dans Ahuntsic. Il faut que l’employeur accepte de jouer un rôle social et accepte d’être accommodant, surtout sur le plan de la productivité. C’est une main-d’œuvre productive, mais pas compétitive.»

C’est d’ailleurs la vocation du Centre François-Michelle d’œuvrer à la préparation au travail de jeunes de 4 à 21 ans présentant une déficience intellectuelle légère et dont le potentiel est ralenti par des problèmes associés tels que des troubles de langage, de perception ou de motricité. La formation académique au 2e cycle du secondaire est orientée pour fournir des habiletés générales de travail à ces jeunes aux besoins particuliers. «On les sécurise pour faciliter leur intégration au travail en plus de les sensibiliser à la rigueur, à la ponctualité et à l’endurance», complète M. Bilodeau.

Le Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) offre également des ressources pour intégrer le marché du travail, le réintégrer ou s’y maintenir. «Les gens s’adressent à nous dans des situations différentes. On offre une assistance dans la recherche d’emploi et un soutien une fois en poste, indique Martin Prévost, coordonnateur au ROSEPH. On agit aussi comme pont avec les employeurs, avec qui on négocie des accommodements pour leurs employés handicapés.»

Il peut être impossible pour un employé de rester debout de longues heures, par exemple. Il faut alors prévoir avec l’employeur des pauses fréquentes ou un siège, ou encore s’entendre sur un horaire particulier. Mais le ROSEPH travaille également à faire tomber la barrière des préjugés lors de l’intégration à un nouveau milieu.

Un marché ouvert

Le ROSEPH ne place pas des employés dans des entreprises avec lesquelles il est partenaire. «On lance la stratégie de recherche d’emploi dans le marché ouvert de l’emploi. On n’a pas de bassin d’employeurs, ce qui créerait de la concentration», prévient M. Prévost.

L’accent est donc mis sur les intérêts, les talents et les aspirations de la personne handicapée. «On évalue d’abord l’employabilité avant de prendre un compte les attentes en terme de travail des gens qui nous consultent», note M. Prévost.

En 2012, le ROSEPH a travaillé, au Québec, sur plus de 3800 intégrations au travail, sur une réception d’environ 5000 requêtes. «Et ça ne tient pas en compte les suivis que nous assurons et les démarches de maintien», lance le coordonnateur.

Au Centre François-Michelle, les jeunes peuvent se développer dans un des programmes de formation préparatoire au travail, dans des domaines qui les intéressent. Grâce au Café La Gourmandise, ouvert au public, certains s’initient aux différentes tâches du secteur de la restauration.

D’ailleurs, M. Bilodeau indique que le restaurant Le Bordelais engage depuis longtemps des étudiants du centre pour des stages. «On a aussi des jeunes au Rona Major & Major, au Future Shop du Marché Central ou encore dans un restaurant Subway», dénombre le directeur.

«Au final, c’est une question de volonté des employeurs. Il y a 20 ans, on parlait à peine de 2% d’intégration de personnes handicapées au marché de l’emploi au Québec. Ça s’améliore aujourd’hui, mais lentement», conclut M. Bilodeau.

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